pour info:
[SIZE=7]Une assemblée de soutien aux grévistes de la faim ce mardi 5 avril à 19 heures à l’église des Minimes
[/B] 1) Lettre ouverte aux autorités belges
Nous sommes kurdes et en Belgique depuis de nombreuses années.
Nous avons commencé une grève de la faim le 29 mars 2005 à l’Eglise des Minimes, Rue des Minimes 1000 Bruxelles.
Nous avons du fuir la Turquie en raison des graves violences qui ont eu lieu – et ont encore lieu – contre notre population.
La Turquie ne nous reconnaît pas le droit à l’existence, notre culture est niée, notre population est constamment sous la pression de l’armée, nous avons subi de graves violations des droits de l’Homme.
Plus de trois mille de nos villages ont été incendiés par l’armée turque, il nous est interdit d’y retourner et nous avons du fuir.
Et c’est pour cette raison que nous sommes en exil.
Nous espérions reconstruire en Belgique une vie digne et offrir un avenir à nos enfants.
La Belgique, en tant que capitale de l’Europe, a toujours reconnu l’existence du peuple kurde et nous espérions une protection et une reconnaissance.
Pourtant après de nombreuses années ici, et après de nombreuses démarches pour obtenir une situation en règle, nous n’avons toujours rien.
Nous souffrons énormément de cette situation d’éternelle attente : nous ne pouvons pas faire de projets d’avenir, rien promettre à nos enfants, rien reconstruire.
Cette situation de flou et d’insécurité est insupportable d’un point de vue psychologique. Deux de nos frères en sont arrivés à se suicider l’année dernière.
Nous souhaitons que les autorités belges se soucient de nous et ne nous oublient pas. Ce sentiment d’oubli et de négation de notre existence n’est pas supportable.
Nous voulons vivre, vivre dignement et apporter à nos enfants ce que chacun souhaite sur cette Terre, un peu de bonheur.
Comité des grévistes
2) [B]
Depuis 6 jours , une trentaine de kurdes ont entammé une grève de la faim à l'église des minimes à Bruxelles. Ils dénoncent leur situation de vie précaire et demandent leur régularisation. La majorité des kurdes de Belgique sont ici depuis 3, 5 ou parfois 8 ans mais leur demande d'un statut de réfugiés politiques leur est refusé ou demeure sans réponse selon les cas. Les demandes de régularisation ont toujours été refusées. Cette situation devient insoutenable pour des dizaines de familles qui vivent souvent dans des logements petits, coûteux et précaires, parfois sans eau chaude ou électricité.
Dans la petite chapelle de l'église, hommes, femmes et enfants attendent une réaction des pouvoirs politiques. "Notre souci actuellement est de trouver une solution pour les enfants pendant la grève de la faim. Il nous faudrait un centre qui puisse les accueillir en journée ou des personnes qui pourraient s'occuper de les nourrir et de les laver" a déclaré le porte-parole des manifestants.
Des membres du CIRE (Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Etrangers) sont venus les rencontrer ce matin. Ils ont écouté les revendications des kurdes et leur ont donné des conseils pour que leur démarche aboutisse. Il faut qu'ils se tiennent prêt à rencontrer les autorités. Mais il ne faut pas perdre du vue que la régularisation est un processus individuel et que ce rassemblement ne garantit pas à toute la communauté kurde de Belgique un avenir dans notre pays.
Les grevistes de la faim espèrent que leurs voix seront entendues par les ministères concernés. Ils revendiquent le droit d'avoir confiance en l'avenir, le droit à la légalité et à la dignité. "Nous sommes contents que les médias soient sensibles à cette grève de la faim, disait encore le porte-parole, il faut que le public se rende compte que les kurdes ne sont pas les seuls responsables de leur situation."
