Le Soir en ligne
Le projet contesté de Solvay
FABRICE VOOGT
dimanche 19 février 2006, 11:44
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L'école de commerce bruxelloise veut regrouper ses installations.
Un amphithéâtre de 250 places, 16 auditoires de 40 à 120 places, un grand atrium,... : la « Solvay Business School » aura peut-être bientôt un toit rien qu'à elle. Aujourd'hui éclatée de part et d'autre du boulevard Franklin Roosevelt, l'Ecole de commerce pourrait être regroupée dans un nouveau bâtiment, sur le campus du Solbosch à la rentrée académique de septembre 2008. Le bâtiment, dessiné par le bureau d'architectes « Art & Build », devrait être érigé à l'angle des avenues Jeanne et Roosevelt, sur un espace vert voisin de l'auditoire Paul-Emile Janson. L'objectif est de regrouper dans un même bâtiment professeurs et étudiants.
L'enquête publique, ouverte par la Ville de Bruxelles et qui s'est terminée le 10 février, a provoqué un certain émoi du côté des riverains, principalement chez ceux situés dans le bas de l'avenue Jeanne. « Nous ne sommes pas opposés à l'idée que l'Université bâtisse un immeuble sur son site, précise d'emblée Michel De Muylder, porte-parole des riverains et lui-même diplômé de l'ULB. Ce qui nous dérange, c'est d'abord le gabarit prévu. » Michel De Muylder dit regretter que l'ampleur du projet ne laisse pas de place pour le maintien intégral des arbres à front de l'avenue Jeanne et que la hauteur du bâtiment (environ 20 mètres) soit sans commune mesure avec les façades de l'auditoire Janson.
Autre point noir : les incidences indirectes de ce regroupement sur la mobilité dans le quartier. « Le nombre d'étudiants sur le site du Solbosch est en constante augmentation : les problèmes de mobilité et de stationnement dont souffre le quartier se trouveraient accrus par la croissance de l a population estudiantine, d'autant plus que le projet ne prévoit de parkings supplémentaires. »
Budget : 11 millions d'euros
La direction de l'Ecole de commerce tient un autre langage. Selon elle, l'intérêt collectif doit primer l'intérêt particulier. « Nous ne sommes pas dans une logique d'affrontement entre un promoteur privé qui veut gagner beaucoup d'argent et des riverains, dit Philippe Biltiau, président de la Solvay Business School. C'est le terrain d'une université qui défend l'enseignement public et gratuit. Ensuite, nous respectons totalement les lois et prescrits urbanistiques (NDLR : le terrain est situé dans une zone d'intérêt collectif et le gabarit est conforme au règlement d'urbanisme). »
Quant à l'augmentation de trafic évoquée par les riverains, elle serait en grande partie imaginaire. « Nous n'engageons pas de personnel supplémentaire. Solvay séduit certes de plus en plus d'étudiants. Ils étaient ainsi 515 inscrits en première année contre 400 l'an dernier. Mais j'imagine mal que des étudiants s'inscrivent à l'avenir chez nous parce qu'on construit un nouveau bâtiment ! »
Au sein même de l'université, la construction de ce bâtiment, pour un budget de 11 millions d'euros, fait jaser, alors que des murs lépreux attendent désespérément un coup de pinceau et que certains locaux sont toujours alimentés avec du 110 volts.
Les arguments des uns et des autres, dont ceux d'Inter-Environnement, en faveur d'un projet alternatif et surtout moins volumineux, auraient dus être entendus en commission de concertation demain mardi. Elle a été reportée sine die. Pourquoi ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, on s'est rendu compte, lors de l'enquête publique, qu'aucune demande de permis d'urbanisme n'avait été introduite auprès de la commune d'Ixelles, bien qu'une parcelle sur laquelle sera construite cette école soit située sur le territoire de cette commune.
On repart donc de zéro : l'ULB va devoir introduire deux demandes de permis d'urbanisme, l'une à Bruxelles-Ville, l'autre à Ixelles
