Citation (abdellah @ May 8 2008, 17:40)

Donc, opérer une critique du communisme en se servant des actions liberticides des régimes susmentionnés, reviendrait à critiquer le néolibéralisme en arguant que Pinochet et Duvalier étaient d'ardents défenseurs de cette optique-là.
Salut,
Comparaison intéressante... Je pense précisément que Pinochet et le néolibéralisme, c'est tout un. C'est la thèse de Naomi Klein dans "The Shock doctrine": les intégristes du "marché libre et dérégulé" n'ont jamais pu s'imposer qu'en situation de crise et d'état de siège. Ainsi la terreur d'Etat des dictatures sud-américaines doit être vu comme un
outil politique au service d'un certain programme économique. Les
économistes friedmannien au Chili et ailleurs avaient beau jeu de se présenter comme de "simple technocrates"... ils ont tout autant de sang sur les mains que les militaires qui torturait les syndicalistes et autres récalcitrants au nouvel ordre social...
Je pense que c'est la même chose pour le communisme historique au XXeme... Appelons le "bolchévisme" si tu veux... Le problème est la recherche de "pureté idéologique", comme pour les Chicago Boys. Le sectarisme, qui nait de la certitude d'être dans le bon camps, conduit aux mêmes "excès" de pouvoir partout et en tout temps. La terreur et les camps de concentration était un outil aux mains des bolchéviques dès leur prise de pouvoir. Vouloir la fin de la propriété privées de façon absolue est symétrique au désir néolibéral de privatiser toutes les activités humaines. L'une et l'autre ambition politique "totalisante" vont à l'encontre de la vie et des désirs de la plupart des gens.
Le parallèle va même plus loin, car autant le communisme que le néolibéralisme veulent une société "sans Etat", mais pour arriver à leur fin ils doivent passer par un Etat fort et terroriste capable d'imposer une programme qui ne pourrait jamais être appliqué démocratiquement. Il faut un Etat policier pour collectiviser les terres comme il en faut pour un pour détruire les luttes collectives et faire la guerre en Irak.
C'est juste une remarque en passant, parce que je pense qu'une démocratie ne peut pas être "communiste", pas plus qu'elle ne peut être "de marché". La démocratie c'est d'accepter l'égalité telle qu'elle est donnée, ambiguë, faite de luttes et de conflits d'intérêts. Pour le reste je suis d'accord avec ce que tu écrivais d'ailleurs