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Version complète : Affaire Serge N FOSSO
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el_dje
Témoignage de M. Serge N FOSSO:

Citation ('Serge N FOSSO')
Bonjour à tous,

Je vous envoie ce menssage de Mons en Belgique. J'y suis arrivé hier 26 avril 2008 peu après minuit et après avoir été expulsé violemment du vol de SN Bruxelles Air Lines à destination de Kinshasa via Douala et gardé en cellule à l'aéroport de Bruxelles de 11:00 à 22:00 sans manger, ni boire et sans pouvoir contacter ma famille.

Petit compte rendu:

Nous sommes le 26.04.2008, je me rends au Cameroun pour mes vacances. Je pars de Clichy à 5:30 en taxi pour CDG1. Je pars de Paris à 7:40 pour Bruxelles avec un vol SN Bruxelles Air Lines et doit prendre la correspondance pour Douala à 10:40 à l'aéroport de Bruxelles. Lors de mon entrée dans l'avion entre 10:00 et 10:45, je suis bien accueilli par les hôtesses, je vais rejoindre mon siège, le N° 41H qui se trouve vers le fond de l'avion. Lorsque j'y arrive, il y a au fond de l'engin à la dernière rangée des hommes habillés en tenue grise et qui essayent de maitriser un homme de couleur noire. Celui-ci se débat et crie : « Au secours, laissez moi, je ne veux pas partir». Les hommes en gris essaient de l'empêcher de parler en l'étouffant. Le jeune homme se débat comme il peut et continue de crier car il y a sur lui 4 colosses en gris. D'autres policiers en civile ont établis un périmètre de sécurité et personne ne peut aller vers le lieu du drame qui se déroule sous nos yeux.

Je me rends compte que c'est une expulsion, l'homme que l'on expulse est toujours maitrisé et étouffé et pousse des cris que l'on n'entend plus bien.

Que dois-je faire ? Rester sans rien dire comme les autres ? Agir ? En tant que militant des droits de l'homme et des étrangers, je me lève, interpelle l'hôtesse la plus proche de moi proteste en lui disant fermement et à voix haute que ceci est un vol commercial et que je ne saurais voyager dans ces conditions. D'autres passagers jusque là restés calmes se lèvent et protestent à leur tour. Je filme comme d'autres passagers la scène avec mon appareil photo.
Devant cette protestation générale, les hommes en gris quittent l'avion avec leur passager.

Quelques minutes plus tard, des policiers montent dans l'avion, trois personnes sont désignées par les policiers en civil, je suis parmi elles. Les policiers nous demandent de quitter l'avion, lorsque je pose la question pourquoi, ils se jettent sur moi, menottes aux mains, coups par ci par là, je saigne, je suis trainé dans les couloirs de l'avion et puis dans les escaliers avant d'être jeter dans un fourgon de la police. J'ai quelques bobos sur le visage et les mains blessées par les menottes. De ce fourgon, je remarque qu'une policière a mon appareil photo dans la main et visionne certainement mon petit film de la scène de l'avion. Une dure et longue journée commence pour moi sous les insultes et les maltraitances des policiers qui m'emmènent au cachot de l'aéroport de Bruxelles.
A 13:35 la police nous libère, nous sommes 2 à ce moment un autre camerounais qui était dans la bande des trois expulsés et moi. Je n'ai plus vu le troisième, un homme de couleur blanche. Au moment de notre libération, la police nous informe que nous ne voyagerons plus pendant les six prochain mois avec la compagnie SN Bruxelles Air Lines. Nous demandons à rencontrer l'un des responsables de la compagnie, on nous indique que le responsable de la sécurité de la compagnie arrivera bientôt. Nous patientons, j'ai une pensée pour ma petite fille qui m'attend à Douala avec impatience et enthousiasme et qui certainement sera très déçue de ne pas me voir. Je suis en colère, très en colère. La responsable de sécurité de la compagnie arrive et nous informe que nous avons tous les 2 étés fichés dans la liste noire (pas blanche) de la compagnie et ne pourrons plus voyager avec elle pendant les 6 prochains mois. Je lui demande alors comment nous faisons dans ce cas pour arriver à Douala. Elle m'indique que c'est à nous de voir et que la compagnie ne nous remboursera pas. Après ces mots, ma colère monte, mon ton aussi, je signale a cette dame que je n'ai pas de problème si je ne voyageais plus jamais avec SN Bruxelles Air Line, mais que je souhaite rentrer à Paris et surtout me faire rembourser car la compagnie n'a pas rempli son contrat.

Mon ton est haut mais courtois les passants nous regardent, la dame appelle la police qui vient et me ramène cette fois seul au cachot. J'y resterais jusqu'à 22:00 sans manger, ni boire et ni contacter ma famille. Mon neveu qui habite Mons est contacté et arrive avec son épouse entre 21:00 et 22:00. Les policiers m'informent de leur présence et m'indiquent que je suis libre de rentrer avec eux. Je leur dis que je ne comprends pas pourquoi j'ai été en cellule toute la journée dans ces conditions et que je ne souhaite pas la quitter avant qu'une solution ne soit trouvée à mon problème : partir à douala ou rentrer sur Paris et être remboursé. Des explications se font de part et d'autres, les policiers souhaitent que je quitte la cellule et moi je souhaite y rester, ce qui visiblement ne les satisfait pas. Les policiers décident donc de me sortir de la cellule par la force, me remettent mes affaires, je refuse de les prendre. L'un d'entre eux me menace, me tient par le cou et me pousse hors de leurs bureaux et me balance mes affaires sur la figure, je m'en vais sans les ramasser. Mon neveu et son épouse me rejoignent je suis une fois de plus en colère, très en colère de tout ce qui se passent. Je leurs demande de rentrer à la maison, ils refusent évidemment.

L'épouse de mon neveu va voir l'un des policiers qui lui donne mes affaires et des informations sur les démarches que je devrais faire. Elle revient avec mes affaires, il y manque la vidéo de la scène dans l'avion a été effacée de mon appareil photo, sûrement par les policiers qui m'ont interpelé. Une preuve vient d'être détruite, heureusement pas toutes car d'autres passagers ont filmé la scène. Je suis toujours en colère, très en colère, je pense à ma petite fille pour qui j'ai exceptionnellement pris mes congés, je suis en colère, très en colère parce que je suis du genre calme, courtois et surtout pas violent. Or toute cette journée, j'ai été traité avec mépris et violence parce que j'ai été un moment la bouche d'un malheur qui n'avait point de bouche, parce qu'en protestant dans l'avion, je suis allé au secours d'un être humain qui était maltraité et qui demandait du secours. Je ne sais pas au moment où je vous écris où sont mes valises.

Avec patience mon neveu et son épouse m'ont convaincu de les accompagner chez eux à Mons. Nous avons demandé une attestation indiquant que j'étais en cellule de 11:00 à 22:00, le policier de faction a eu la gentillesse de m'en donner une en Néerlandais. Nous sommes arrivés à Mons peu après minuit. J'avais des douleurs partout, sur le visage, les bras,les doigts au dos et une très grosse faim, j'ai mangé sans appétit et je suis allé me coucher.

Ce matin, je suis un peu plus calme, j'ai encore quelques douleurs aux doigts, aux bras et au visage. Je vais me rendre à Bruxelles pour me faire signifier officiellement que je suis sur la liste NOIRE de la compagnie, que je ne voyagerai plus avec cette compagnie et que je ne serai pas remboursé.

J'espère également retrouver mes valises dans l'état où je les avais confiés à la compagnie. Une autre dure journée va commencer, comment se terminera-t-elle ? Je n'en sais pas grand-chose pour le moment. Je peux simplement préjuger qu'elle ne sera pas facile car je ne compte pas laisser passer cette histoire sans réagir. Je vais faire un appel à témoins et engager une action contre SN Bruxelles Air lines. On en reparlera.

Prière diffuser largement ce message.
A bientôt ! Et mon combat continue.

Serge N FOSSO

el_dje
Compte rendu de l'interpellation parlementaire du Ministre de l'Intérieur, M. Dewaele, par la députée Ecolo Zoé Genot:

Monsieur le ministre, vous pensiez être débarrassé des dossiers concernant les étrangers
puisque Mme Turtelboom est chargée de cette matière. Mais voilà, certains
services de votre police ne se sont pas illustrés en bien ces dernières
semaines! On a pu le constater lors de la manifestation du 29 avril au cours de
laquelle de nombreux sans-papiers se sont vus arrêtés et des avocats se sont
vus plaqués contre les murs ou tabassés.

Je souhaiterais vous interroger sur l'expulsion du 26 mai. Ce jour-là,
M. Fosso vient de Paris pour prendre un vol Brussels Airlines vers Douala.
Lorsqu'il monte dans l'avion, il se rend compte qu'une personne est molestée
par cinq policiers; il entend des gémissements. Lorsqu'il s'assied sur son
siège, il se dit qu'il ne peut rester sans rien faire, il repense à Semira
Adamu et dit à l'hôtesse qu'il y a un problème et qu'il ne peut voyager dans de
telles conditions. Comme personne n'a réagi, il a décidé de filmer la scène. Il
s'est vu ensuite évacué de l'avion entre deux policiers et enfermé trois heures
au commissariat de l'aéroport. À sa sortie du commissariat, il a voulu
récupérer ses bagages, obtenir le remboursement de son ticket et trouver un
moyen de se rendre au Cameroun. On lui a alors dit qu'on ne savait rien à
propos de ses bagages, qu'il se trouvait sur une liste noire et que son ticket
ne lui serait pas remboursé. Il a à nouveau protesté et cela lui a valu de
retourner au cachot jusqu'à 22 heures, sans même recevoir un verre d'eau.

La personne dans l'avion était M. Folefack, dont on a appris le décès
par la suite. Ce monsieur a écrit un courrier dans lequel il explique ce qui
lui est arrivé. Il dit qu'on l'a amené au cachot et qu'on a voulu le menotter
avant de monter dans l'avion, ce qu'il a refusé car il estimait qu'il n'était
pas un criminel et ne voulait pas rentrer menotté au Cameroun. Il ajoute que
tout s'est dégradé à ce moment-là: il a été battu, maîtrisé par cinq hommes qui
ont mis leurs genoux sur son cou, qui lui ont mis les menottes, qui lui ont
attaché les cuisses et les jambes avec une ceinture avant d'être jeté dans
l'avion. Il avait très mal au corps, mal au cœur, il étouffait. Il a commencé à
crier alors que des passagers se manifestaient puis il a été rejeté dans la
camionnette. Il dit encore qu'il n'arrivait pas à manger car ses mâchoires lui
faisaient mal, qu'il avait les deux tibias écorchés, une blessure dans la
bouche, mal au dos, mal aux reins, mal au cou. Il ne pouvait pas dormir la nuit
car il avait mal partout!

Il a signé cette lettre le 29 avril 2008. Une assistante sociale a acté
une plainte le 28 avril qui a été transmise à l'Office des étrangers. Dans
cette plainte rédigée en néerlandais, elle-même notifiait que cette personne
présentait des blessures à la lèvre inférieure, des bleus aux jambes et que
cette dernière se plaignait d'avoir des douleurs au cou.

Monsieur le ministre, après avoir pris connaissance des ces difficultés,
pouvez-vous nous préciser la façon dont ces personnes ont été traitées, tant M.
Fosso tant que M. Folefack? Quel type d'enquête avez-vous diligentée? Quels en
sont les résultats? Une première tentative d'expulsion – comme c'était le cas
pour M. Folefack – n'est normalement pas une expulsion sous la contrainte. Je
suis dès lors étonnée d'entendre ce récit. Qu'en dites-vous, monsieur le
ministre?

Patrick Dewael, ministre de l'Intérieur: Monsieur le
président, madame Genot, en ce qui concerne les aspects sur la politique
d'éloignement, il me semble que vous avez déjà interrogé Mme Turtelboom qui est
compétente en la matière.

Quant à l'intervention des services de la police, je peux déjà vous dire
que, selon les rapports que j'ai reçus, les règles qui ont été établies, entre
autres par la commission Vermeersch, ont été suivies et respectées. À ce
propos, vous savez aussi que la police est attentivement contrôlée par le
Comité P et qu'il vous est toujours possible de demander une enquête [NDLA :
déjà fait ! ]. Pour ma part, j'attends aussi les résultats de l'enquête
judiciaire qui a été ordonnée par le parquet de Turnhout. En tout cas, il ressort
du rapport d'autopsie que les services de police n'ont pas utilisé la violence.

Zoé Genot (Ecolo-Groen!): Monsieur le
ministre, j'introduis en bonne et due forme une question qui aborde deux
aspects. Tout d'abord, l'aspect du passager, citoyen responsable qui, pour
avoir dénoncé ces pratiques, a été incarcéré jusque 22 heures. Vous n'en parlez
absolument pas!

Le deuxième élément, c'est qu'à mon avis, le rapport Vermeersch n'a pas
été respecté. En effet, lors de la première procédure d'expulsion, la personne
doit se voir proposer de partir. Or, dans ce cas, elle a été ligotée, menottée
et emmenée par cinq personnes dans l'avion.

Il s'agit pour moi d'un non-respect de la procédure, qui a abouti à une
maltraitance de cette personne et, sans doute, à sa fragilisation
psychologique.

el_dje
Je viens d'envoyer un message de réclamation à la SN Brussels Airlines concernant l'affaire d'expulsion et d'interdiction de vol de Monsieur Serge N FOSSO.
Je pense que ca serait une bonne chose qu'un maximum de personne en fasse autant.

Voici comment faire:
Sur la page suivante http://www.brusselsairlines.be/fr_be/info-and-services/faq/ choisissez 'Appréciations et réclamations', puis 'Embarquement Refusé', puis cliquez 'GO', puis 'Déposer une plainte'. Remplissez ensuite les cases obligatoires pour vous identifier, précisez le numéro de vol (SN111), aéroport de départ (Paris), d'arrivée (Douala), la date (26 avril 2008), et enfin un commentaire. Voici ce que j'ai écris :

Citation ('contenu du message envoyé à la SN')
Pourriez-vous m'expliquer les raisons du refus d'embarquer qui a été opposé à Monsieur Serge N Fosso le 26 avril dernier? Sera-t-il remboursé? Son interdiction de vol sera-t-elle levée? Touchera-t-il des dommages et intérêts?
Merci d'avance pour l'attention que vous porterez à ma requête.
Macdir
Faudrait peut-être qu'il retombe sur terre... c'est pas en entravant les démarches des forces de l'ordre que les choses bougeront... le capitaine a très certainement donné l'ordre de les éjecter du vol car la sécurité de celui-ci n'était plus assurée (à savoir qu'il n'a aucun justificatif à donner pour interdire qqn de vol).

Faudrait peut-être finir par se rendre compte que pour éviter tout problème il faut respecter les règles... il ne s'agit pas d'aller protester contre l'autorité d'exécution mais plutôt au niveau de l'autorité qui fait les textes de lois.
Là il a juste joué aux cons ...
abdellah
Citation (el_dje @ May 10 2008, 11:00) *
Monsieur le
ministre, j'introduis en bonne et due forme une question qui aborde deux
aspects. Tout d'abord, l'aspect du passager, citoyen responsable qui, pour
avoir dénoncé ces pratiques, a été incarcéré jusque 22 heures
. Vous n'en parlez
absolument pas!

Le deuxième élément, c'est qu'à mon avis, le rapport Vermeersch n'a pas
été respecté. En effet, lors de la première procédure d'expulsion, la personne
doit se voir proposer de partir. Or, dans ce cas, elle a été ligotée, menottée
et emmenée par cinq personnes dans l'avion.


Il s'agit pour moi d'un non-respect de la procédure, qui a abouti à une
maltraitance de cette personne et, sans doute, à sa fragilisation
psychologique.



Les règles respectées ouais. Deux poids, deux mesures, quoi.
Flo

Citation (communiqué de presse)
Le ressortissant camerounais est arrivé en Belgique le 5 juillet 2005.

Le 6 juillet 2005, il a demandé l'asile. Le CGRA (Commissariat général aux Réfugiés et aux Apatrides) lui a refusé après 3 mois de procédure la qualité de réfugié. Le critère de régularisation basé sur une procédure d'asile anormalement longue ne peut donc être invoqué dans ce cas-ci, souligne l'Office des étrangers. Il n'a pas non plus obtempéré à l'ordre de quitter le territoire qui lui a été notifié au terme de sa procédure d'asile.

En 2006, il est écroué au centre fermé de Vottem en vue d'être rapatrié. Son rapatriement devra être annulé car l'intéressé s'est évadé du centre hospitalier dans lequel il venait passer des examens médicaux.

Écroue à Merksplas en mars 2008, il introduit un recours urgent auprès du Conseil du Contentieux des Étrangers qui le rejette le lendemain. Il introduit ensuite, depuis Merksplas, une 2ème puis une 3ème demande d'asile qui sont immédiatement rejetées car l'intéressé n'apporte aucun élément neuf.

L'Office précise encore que l'intéressé n'aurait pu bénéficier non plus d'une régularisation basée sur les critères liés à l'ancrage durable.

« D'une part parce que ce critère n'a pas encore été clairement précisé dans la circulaire à venir sur les régularisations, mais aussi parce que l'intéressé ne pouvait donner la preuve d'une forme d'ancrage stable dans la société. »



Et un petit rappel aux DDH-istes :

Citation ( article 29.2 de la convention universelle des DDH)
Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.



Citation ( article 5.1)
Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales:
-s'il est détenu régulièrement après condamnation par un tribunal compétent;
-s'il a fait l'objet d'une arrestation ou d'une détention régulières pour insoumission à une ordonnance rendue, conformément à la loi, par un tribunal ou en vue de garantir l'exécution d'une obligation prescrite par la loi;
-s'il a été arrêté et détenu en vue d'être conduit devant l'autorité judiciaire compétente, lorsqu'il y a des raisons plausibles de soupçonner qu'il a commis une infraction ou qu'il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l'empêcher de commettre une infraction ou de s'enfuir après l'accomplissement de celle-ci;
-s'il s'agit de la détention régulière d'un mineur, décidée pour son éducation surveillée ou de sa détention régulière, afin de le traduire devant l'autorité compétente;
-s'il s'agit de la détention régulière d'une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d'un aliéné, d'un alcoolique, d'un toxicomane ou d'un vagabond;
-s'il s'agit de l'arrestation ou de la détention régulières d'une personne pour l'empêcher de pénétrer irrégulièrement dans le territoire, ou contre laquelle une procédure d'expulsion ou d'extradition est en cours.





sisilalana
Citation
Que dois-je faire ? Rester sans rien dire comme les autres ? Agir ? En tant que militant des droits de l'homme et des étrangers, je me lève, interpelle l'hôtesse la plus proche de moi proteste en lui disant fermement et à voix haute que ceci est un vol commercial et que je ne saurais voyager dans ces conditions. D'autres passagers jusque là restés calmes se lèvent et protestent à leur tour. Je filme comme d'autres passagers la scène avec mon appareil photo.
Devant cette protestation générale, les hommes en gris quittent l'avion avec leur passager.


Il a juste protesté!!! ca n'enfreint aucune règle que je sache, les gens ont le droit de ne pas accepter une expulsion violente dans leur avion c'est arrivé très souvent et on respecte l'avis des passagers en général.
abdellah
Citation (Flo @ May 11 2008, 08:52) *
Et un petit rappel aux DDH-istes :


Citation ( article 5.1)
Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales:

-s'il s'agit de l'arrestation ou de la détention régulières d'une personne pour l'empêcher de pénétrer irrégulièrement dans le territoire, ou contre laquelle une procédure d'expulsion ou d'extradition est en cours.



Bah, il vaut mieux DDH-istes que DH-istes, hein! guitar.gif

Maintenant, c'est surtout de la manière qu' on parle. Au-delà de la privation de liberté, qui est un autre débat épineux, c'est le déchaînement de zèle dans le chef de certains agents qui est à déplorer.

Puis, tu éludes la question de la personne qui se fait molester et enfermé pour s'indigner de pratiques plus que discutables.
el_dje
Citation (Macdir @ May 10 2008, 20:19) *
Faudrait peut-être qu'il retombe sur terre... c'est pas en entravant les démarches des forces de l'ordre que les choses bougeront... le capitaine a très certainement donné l'ordre de les éjecter du vol car la sécurité de celui-ci n'était plus assurée (à savoir qu'il n'a aucun justificatif à donner pour interdire qqn de vol).

Faudrait peut-être finir par se rendre compte que pour éviter tout problème il faut respecter les règles... il ne s'agit pas d'aller protester contre l'autorité d'exécution mais plutôt au niveau de l'autorité qui fait les textes de lois.
Là il a juste joué aux cons ...

L'une des regles fondamentales de notre société, je ne te l'apprends pas, est ce qu'on appelle la liberté d'expression. Quelle que soit la situation tu as tjs le droit de dire ce que tu penses (a moins de t etre personnellement engagé à renoncer à se droit, ce qui n'est pas le cas quand tu prends l'avion pour aller en vacance). Se faire arreter pour avoir exprimer son opinion est parfaitement illégal. La preuve que ton affirmation "pour éviter tout problème il faut respecter les règles" est fausse, c'est que ces policiers n'ont absolument pas respecté les regles, ont meme enfreint une disposition constitutionnelle, un droit fondamentale de l'individu, pourtant ils n'ont eu aucun problème... (ah si ils se sont peut etre fait mal en en mettant une droite au mec pour lui fermer sa gueule).
Macdir
Citation (el_dje @ May 11 2008, 21:15) *
L'une des regles fondamentales de notre société, je ne te l'apprends pas, est ce qu'on appelle la liberté d'expression. Quelle que soit la situation tu as tjs le droit de dire ce que tu penses (a moins de t etre personnellement engagé à renoncer à se droit, ce qui n'est pas le cas quand tu prends l'avion pour aller en vacance). Se faire arreter pour avoir exprimer son opinion est parfaitement illégal. La preuve que ton affirmation "pour éviter tout problème il faut respecter les règles" est fausse, c'est que ces policiers n'ont absolument pas respecté les regles, ont meme enfreint une disposition constitutionnelle, un droit fondamentale de l'individu, pourtant ils n'ont eu aucun problème... (ah si ils se sont peut etre fait mal en en mettant une droite au mec pour lui fermer sa gueule).

Retombe sur terre...
La liberté d'expression ça n'existe plus, pour contrôler ce que font les policiers il y a le comité P.
de plus il y a de fortes chances que l'éjection du type de l'avion ait été ordonnée par le capitaine (raison d'interdiction de compagnie notamment). Et bon quoi qu'on en dise l'officier qui est maître à bord de l'avion c'est pas le client lambda mais le capitaine.
abdellah
Et donc? On l'éjecte puis on l'emprisonne? Tu dis qu'il faut suivre les règles, puis deux secondes plus tard, tu dis que ben non, la liberté d'expression, c'est plus respecté, et les procédures normales d'expulsion, ben si elles se déroulent mal, faut se référer au Comité P.


Donc, je me répète. Deux poids, deux mesures.
Macdir
Citation (abdellah @ May 11 2008, 23:52) *
Donc, je me répète. Deux poids, deux mesures.

Ah bon ? Les règles d'aviation civile ont été respectées il me semble.

La liberté d'expression ça n'existe pas, on est en liberté limitée c'est-à-dire que celle-ci n'est pas libre et donc de facto n'existe pas.
el_dje
Ok alors viens pas nous parler des règles stp...

Citation
de plus il y a de fortes chances que l'éjection du type de l'avion ait été ordonnée par le capitaine (raison d'interdiction de compagnie notamment). Et bon quoi qu'on en dise l'officier qui est maître à bord de l'avion c'est pas le client lambda mais le capitaine.


Spéculons mes amis, spéculons...


C'est triste quand meme, de se donner autant de mal pour argumenter en faveur de l'ordre établit.

"They must find it difficult...
Those who have taken authority as the truth,
Rather than the truth as the authority."
-Gerald Massey
Flo
Citation (abdellah @ May 11 2008, 16:29) *
Citation (Flo @ May 11 2008, 08:52) *
Et un petit rappel aux DDH-istes :


Citation ( article 5.1)
Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales:

-s'il s'agit de l'arrestation ou de la détention régulières d'une personne pour l'empêcher de pénétrer irrégulièrement dans le territoire, ou contre laquelle une procédure d'expulsion ou d'extradition est en cours.



Bah, il vaut mieux DDH-istes que DH-istes, hein! guitar.gif

Maintenant, c'est surtout de la manière qu' on parle. Au-delà de la privation de liberté, qui est un autre débat épineux, c'est le déchaînement de zèle dans le chef de certains agents qui est à déplorer.

Puis, tu éludes la question de la personne qui se fait molester et enfermé pour s'indigner de pratiques plus que discutables.


Pour les DDH-istes, malheureusement, je ne leur accorde plus beaucoup de crédit.
Concernant la façon dont on expulse, dans la grande majorité des cas, ça se passe bien. Malheureusement, dans d'autres cas, ça se passe mal. Vu quand dans tous les pays européens, de pareils drames se produisent, il faudrait prendre une décision européenne efficace et humaine. Sans oublier de punir les agents un peu trop zélés. Là-dessus, je te rejoins parfaitement.

Mais ce qui me gêne quand cela se passe mal, indépendemment du fait que c'est malheureux, c'est que directement on tombe dans un discours émotionnel et on en vient à dire que Belgique est un état policier, un état raciste, qu'on devrait avoir honte d'être Belge, que les expulsions sont contraires aux DH (ici, on ne parle pas de la façon mais de l'acte d'expulser), que c'est d'office de sales racistes de policiers qui sont responsables etc. Et évidemment, dans ce cas, nos politiciens à la noix vont toujours nous pondre des mesurettes inefficaces et très souvent contre-productives pour faire plaisir au bon peuple...

Dans le cas précis du camerounais, sa demande de régularisation avait déjà été rejetée par 4 fois dont la première fois 3 mois après son arrivée en Belgique en 2005. Il s'était déjà enfui, refusé une première expulsion et donc, je comprends l'emploi des menottes et de l'escorte.


Pour la question sur le passager qui s'est fait jeter, je n'élude pas, je ne connais qu'un son de cloche et sur un sujet aussi brûlant, j'évite de prendre position. S'il n'a fait que protester, ce qui lui est arrivé est abusif et il a raison de porter plainte.

Il faut savoir que c'est le pilote qui prend la décision de ne pas embarquer ou de débarquer un passager, et en aucune manière les policiers. D'ailleurs, le pilote a le droit de refuser d'embarquer quelqu'un en procédure d'expulsion s'il estime que cela pourrait nuire au bon déroulement du voyage ou tout simplement s'il ne veut pas.
Dans cette affaire, j'attends d'abord la version du pilote, celle des policiers pour la garde-à-vue de 22 heures et celle de SNB Airlines pour les 6 mois d'interdiction.

Flo
Citation (Macdir @ May 12 2008, 01:09) *
Citation (abdellah @ May 11 2008, 23:52) *
Donc, je me répète. Deux poids, deux mesures.

Ah bon ? Les règles d'aviation civile ont été respectées il me semble.

La liberté d'expression ça n'existe pas, on est en liberté limitée c'est-à-dire que celle-ci n'est pas libre et donc de facto n'existe pas.



La liberté d'expression existe mais effectivement, elle n'est pas totale, elle est encadrée.

Tu as le droit de dire que tu n'aimes pas les étrangers, les homos, les gros, les cathos mais tu ne peux en aucune manière inciter à la violence ou à la haine. Ce qui me semble juste.

Le problème de notre société aujourd'hui, c'est que beaucoup confondent liberté d'expression et incitation à la haine. On est en plein dans le "politiquement correct" et on va porter plainte pour incitation à la haine, propos offensants alors que tu n'as fait qu'exprimer ton opinion.

Néanmoins, les personnes faisant partie des minorités ont plus de "droit à la liberté d'expression" que ceux faisant partie de la majorité.

Exemples : (bon, ils ne sont super bien choisis, mais j'espère que l'idée que j'essaie d'exprimer passera bien).

Si, en tant que femme, je déclare que les hommes des crétins... Personne ne va moufter.
Si un homme déclare que les femmes sont des crétines... mysoginie

Si une femme déclare que les femmes sont des crétines...ben ça passe nickel.

Si un noir dit que l'homme blanc est un colon fascite... Personne ne va moufter
Si un blanc dit que l'homme noir est fainéant..... Raciste

Si un noir dit que l'homme noir est fainéant...ben ça passe nickel

Si un homo dit que les hétérosexuels sont des coincés du cul.... Personne ne va moufter
Si un hétéro dit que les homos sont des détraqués... Homophobe

Si un homo dit que les homos sont des détraqués...ben ça passe nickel

Quand Noemie Lenoir dit qu'elle ne coucherait jamais avec Pierce Brosnan parce qu'il est blanc, ça ne choque personne.
Si Sophie Marceau avait sortie qu'elle ne coucherait jamais avec Will Smith parce qu'il est noir, ça aurait fait scandale.

etc....

La minorité peut critiquer sa minorité et la majorité et la majorité ne peut critiquer que la majorité.

abdellah
Hey, j'ai trouvé une exception! lmaosmiley.gif

Quand Noam Chomlsky, Alain Gresh ou Edgar Morin critique Israël, ils sont tous antisémites, dixit Philippe Val!
el_dje
et pas que Philippe Val...
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