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Version complète : Antisémitisme, mode d'emploi
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el_dje
...
sdetbikijflupke
Richard Labévière donne des explications sur son licenciement de RFI:

http://www.dailymotion.com/relevance/searc...rd-labevie_news

Quand je vois ça, je me dis que c'est ptêtre pas tellement du 22 avril 2002 que la France devrait avoir honte...

"Menaces émanent vraisemblablement du Betar avec des complicités internes à RFI"... ???
Wolf.be
Desproges - on me dit que des juifs se sont glissés dans la salle

Merveilleux de second degré.
el_dje
eh beh les temps changent hein...
Childeric
un desproges n'aurait aujourd'hui, pas plus qu'hier, pas de gros problèmes avec ce sketch.

Ce début de spectacle est souvent utilisé pour prétendre qu'on va vers un monde de censure. Pourtant, ce que montre ce sketch, à mon sens, c'est simplement que le second degré se perd. Pas un humoriste aujourd'hui ne peut arriver à la cheville de ce qu'arrivait à faire Desproges.

Les humoristes qui se font aujourd'hui taxer d'antisémitisme font tout le contraire de ce que faisait desproges. Ils prennent les gens pour des cons et leur fournissent du "prêt à penser". Alors évidemment c'est plus difficile d'être subtil...
Quevedo
Comment arrives tu à distinguer le second degré du "prêt-à-penser" ?
Childeric
"prêt à penser" = tu vois le sketch de dieudo, tu sais que le fond de la pensée de ce type c'est "méchants israeliens / méchants américains". Et pour être sur que tout le monde a compris, il se répand dans la presse (et dérape, mais ça n'est pas le propos). En gros, ça va faire rire tous les gens qui pensent comme lui.

"second degré" = tu entends Desproges, il te promène de cliché en cliché, de bêtise humaine en bêtise humaine, mais à la fin (et j'ai lu, je pense, tout desproges), tu n'as qu'une vague idée de l'opinion du type (à part qu'il est foncièrement anti raciste).

edit: si on reprend les caricatures de mahomet que j'avais mis plus haut, c'est peut-être même encore plus simple de faire la distinction: un mahomet avec un turban/bombe, ça veut dire "les musulmans sont des terroristes", c'est du prêt à penser, l'opinion du type est transparente. Par contre, le gars qui met le dessin "we're running out of virgins", il se place deux catégories au-dessus. Il se moque d'un truc idiot (faire croire à des gens qu'ils auront 70 vierges), mais ça pourrait aussi bien avoir été dessiné par un musulman que par un nazi.

Le mot que je cherchais: c'est universel
Slivever
Et un nazi musulman?



(sinon, je suis ravi que des autorités morales superieurs se levent contre le pret-à-penser)
sdetbikijflupke
Citation (Childeric @ Sep 3 2008, 11:40) *
"prêt à penser" = tu vois le sketch de dieudo, tu sais que le fond de la pensée de ce type c'est "méchants israeliens / méchants américains". Et pour être sur que tout le monde a compris, il se répand dans la presse (et dérape, mais ça n'est pas le propos). En gros, ça va faire rire tous les gens qui pensent comme lui.

"second degré" = tu entends Desproges, il te promène de cliché en cliché, de bêtise humaine en bêtise humaine, mais à la fin (et j'ai lu, je pense, tout desproges), tu n'as qu'une vague idée de l'opinion du type (à part qu'il est foncièrement anti raciste).

edit: si on reprend les caricatures de mahomet que j'avais mis plus haut, c'est peut-être même encore plus simple de faire la distinction: un mahomet avec un turban/bombe, ça veut dire "les musulmans sont des terroristes", c'est du prêt à penser, l'opinion du type est transparente. Par contre, le gars qui met le dessin "we're running out of virgins", il se place deux catégories au-dessus. Il se moque d'un truc idiot (faire croire à des gens qu'ils auront 70 vierges), mais ça pourrait aussi bien avoir été dessiné par un musulman que par un nazi.

Le mot que je cherchais: c'est universel


Tu connais ptètre bien Desproges, mais Dieudo tu connais pas gd chose de lui sinon tu n'aurais pas écris ça. Je m'explique, je suis d'accord avec toi sur le fait que son sketch chez Fogiel était ptetre pas des plus réussis, ça c'est un fait. Mais regarde ça :

http://www.dailymotion.com/relevance/searc...quipe-du-11_fun

Son esprit est pas aussi binaire que tu le prétend, j'crois. C'est pas Elie semoun, dubosc ou même Bedos aujourd'hui qui va te sortir un truc pareil.
Mettre un type avec tant de talent de côté sous prétexte que peut-être il serait antisémite parce qu'il a fait un sketch sur un colon israélien, ça me dépassera toujours... en plus dans son sketch y a RIEN d'antisémite, absolument rien. (pour ce qu'il a dit après, pour moi, non plus, mais ça se discute j'avoue)

Le pire, pour moi, c'est que le "lobby sioniste" (dont même Labévière parle maintenant après avoir été licencié de RFI), fait malheureusement énormément de bien à l'antisémitisme en France, beaucoup plus q'un dieudo serrant la main à Le Pen ...

Puis dieudo a un truc en plus que desproges quand même : En plus d'être anti-raciste il est anti-anti-raciste biggrin.gif

Video Labévière assez intéressant :

http://www.dailymotion.com/relevance/searc...onisme-ins_news
Quevedo
Très intéressante en effet cette seconde vidéo, tu as la source ?
sdetbikijflupke
Citation (Quevedo @ Sep 4 2008, 02:43) *
Très intéressante en effet cette seconde vidéo, tu as la source ?

Voici un article sur le fait que Labévière fasse, à son tour, référence à un "lobby sioniste" pour expliquer son licenciement :

http://www.lepost.fr/article/2008/08/30/12...la-censure.html

Il est donné tout en bas un lien vers la vidéo, voici le contexte dans lequel cette vidéo a été prise :

Labévière ou le journaliste en colère
Liberté d'expression, suite. L'auteur et journaliste Richard Labévière tenait ce mardi 26 août une conférence de presse à Beyrouth pour y détailler les motifs de son licenciement de RFI. Uppercuts à la volée : l'AFP, TV5, France 24, RFI et, de manière globale, les médias français "orwellisés", tous y passent. Sacrilège suprême : il aborde frontalement l'existence dans le champ médiatique hexagonal d'un "lobby sioniste"...
En voici un qui va rejoindre la fosse aux lions dans laquelle se démenent déjà Dieudonné, Siné, Soral, Nabe, Meyssan, Ramadan, Ménargues, et autres proscrits du paysage audiovisuel...
Bienvenue au club VIP des pestiférés, Richard.


et enfin le lien vers tout ceci :

http://medialma.blogspot.com/2008/08/labvi...oujours-en.html

J'espère avoir compris la question sur la source, mais j'peux pas faire mieux j'crois tongue.gif

Childeric
Citation (Slivever @ Sep 3 2008, 22:17) *
(sinon, je suis ravi que des autorités morales superieurs se levent contre le pret-à-penser)


J'avoue que c'est prétentieux (et hasardeux) de ma part de prétendre pouvoir distinguer les deux (en tout cas de pouvoir déterminer des critères infaillibles).

Djinn> Je ne connais pas Dieudonné, je n'ai jamais dit qu'il avait fait un sketch antisémite. Par contre, il a eu par après des déclarations qui pourraient être qualifiées comme telles (même si à mon sens elles sont plus le fait d'une consternante bêtise que d'une réelle méchanceté).

Par contre je ne vais pas me mettre à regarder des vidéos sur Internet, sinon on en sort pas wink.gif Si tu as des infos à donner, je préfère les lire...
sdetbikijflupke
Citation (Childeric @ Sep 4 2008, 14:12) *
Citation (Slivever @ Sep 3 2008, 22:17) *
(sinon, je suis ravi que des autorités morales superieurs se levent contre le pret-à-penser)


J'avoue que c'est prétentieux (et hasardeux) de ma part de prétendre pouvoir distinguer les deux (en tout cas de pouvoir déterminer des critères infaillibles).

Djinn> Je ne connais pas Dieudonné, je n'ai jamais dit qu'il avait fait un sketch antisémite. Par contre, il a eu par après des déclarations qui pourraient être qualifiées comme telles (même si à mon sens elles sont plus le fait d'une consternante bêtise que d'une réelle méchanceté).

Par contre je ne vais pas me mettre à regarder des vidéos sur Internet, sinon on en sort pas wink.gif Si tu as des infos à donner, je préfère les lire...

Ouep, pour ce qu'il a dit par après, c'est vrai qu'il y a des citations qui peuvent choquer, maintenant bon, c'est toujours le problème de dire des choses qui dans la forme sont choquantes, il faut des heures pour que le mec explique ce "qu'il a voulu dire", et c'est seulement comme ça qu'on peut se mettre d'accord sur le fond. Donc en effet, c'est peut-être pas très malin de sa part, d'autant plus qu'il a une certaine notoriété publique et aussi auprès des jeunes (avec des cons dans le tas) qui peuvent vite prendre ses déclarations comme tel sans réfléchir à ce qu'il a vraiment voulu dire.

Mais sincèrement, vu la pression dont il a été victime suite à ce sketch, et donc on est bien d'accord là dessus, qui n'avait rien d'antisémite, je peux comprendre certains des propos qu'il a tenu par la suite.

Puis pour la vidéo, c'est juste qu'il fait un sketch ou il se fout de la gueule des extrémistes qui vont se faire sauter parce qu'on leur a dit qu'ils auraient droit à mille vierges une fois arriver chez le "patron". Je suis sûr que ça va te faire marrer, donc je ne peux que te conseiller de la regarder wink.gif

Pour la deuxième vidéo c'est juste pour souligner que richard Labévière parle également de lobby sioniste et qu'on peut en déduire (enfin) que ça n'est pas seulement une affabulation dont dieudo et soral ont le monopole.
Childeric
Des gens qui sont au FN et parlent de lobby sioniste sont par essence suspects, parce que, en ne se distanciant pas de personnes clairement antisémites, et en faisant partie d'un parti politique qui a toujours entretenu la confusion, en parlant de "lobby juif" et en caressant dans le sens du poil les néonazis de tout bord, il faut redoubler de vigilance. Donc quand des gens comme ça parlent de "lobby sioniste" ça pue.

Après, ce que tu entends par "sioniste" est tout aussi important. Et ça fait partie des trucs qui puent souvent aussi dans les discours "généralisants". La simplification (et la mystification) quand on parle de "lobby sioniste" rend les arguments de ceux qui la défendent nuls et non avenus pour les raisons suivantes:

1. Il entretiennent la confusion sur le terme "sioniste", mettant dans le même sac la définition de sioniste comme personne "qui croit en la nécessité historique d'un Etat pour le peuple juif" et "personne considérant que la sécurité d'Israël mérite de se comporter en puissance occupante sur certains territoires". Par extension, certains y placent "par défaut" toute personne ayant un nom à consonance juive, ou simplement toute personne ne suivant pas exactement les idées (simplistes à mon sens) de "il y a des méchants israéliens colonialistes qui oppriment des gentils palestiniens. Les pauvres palestiniens, par désespoir, se font sauter et tuent des civils mais comme c'est par désespoir ça compte pas".

2. Ce terme suppose une nébuleuse dépassant les organes reconnus et organisés comme lobbys. Parler de "lobby sioniste" quand on parle d'associations organisant officiellement le soutien à Israël depuis la France ou la Belgique me semble légitime. Tout comme il existe en France et en Belgique un fort "lobby propalestinien". Comme le conflit est "sexy", ça n'est pas outre mesure surprenant. Ce qui l'est plus est de considérer par amalgame que toute personne tenant des propos pro israéliens serait inféodée à ce "lobby", supposant par là une organisation occulte (et donc un "complot juif").

3. Tenir de tels propos nécessite une extrême précision, et nécessite d'être blanc de tout soupçon de préjugé antisémite. Ce qui n'est souvent pas le cas de ceux qui les tiennent.
laurem
Concernant Dieudoné, au delà de ses sketchs il a plusieurs fois montré de grandes sympathies à Lepen..
http://www.versac.net/2006/11/dieudonn_le_pen.html
Slivever
Citation (Childeric @ Sep 5 2008, 09:59) *
Des gens qui sont au FN et parlent de lobby sioniste sont par essence suspects, parce que, en ne se distanciant pas de personnes clairement antisémites, et en faisant partie d'un parti politique qui a toujours entretenu la confusion, en parlant de "lobby juif" et en caressant dans le sens du poil les néonazis de tout bord, il faut redoubler de vigilance. Donc quand des gens comme ça parlent de "lobby sioniste" ça pue.

Après, ce que tu entends par "sioniste" est tout aussi important. Et ça fait partie des trucs qui puent souvent aussi dans les discours "généralisants". La simplification (et la mystification) quand on parle de "lobby sioniste" rend les arguments de ceux qui la défendent nuls et non avenus pour les raisons suivantes:

1. Il entretiennent la confusion sur le terme "sioniste", mettant dans le même sac la définition de sioniste comme personne "qui croit en la nécessité historique d'un Etat pour le peuple juif" et "personne considérant que la sécurité d'Israël mérite de se comporter en puissance occupante sur certains territoires". Par extension, certains y placent "par défaut" toute personne ayant un nom à consonance juive, ou simplement toute personne ne suivant pas exactement les idées (simplistes à mon sens) de "il y a des méchants israéliens colonialistes qui oppriment des gentils palestiniens. Les pauvres palestiniens, par désespoir, se font sauter et tuent des civils mais comme c'est par désespoir ça compte pas".

2. Ce terme suppose une nébuleuse dépassant les organes reconnus et organisés comme lobbys. Parler de "lobby sioniste" quand on parle d'associations organisant officiellement le soutien à Israël depuis la France ou la Belgique me semble légitime. Tout comme il existe en France et en Belgique un fort "lobby propalestinien". Comme le conflit est "sexy", ça n'est pas outre mesure surprenant. Ce qui l'est plus est de considérer par amalgame que toute personne tenant des propos pro israéliens serait inféodée à ce "lobby", supposant par là une organisation occulte (et donc un "complot juif").

3. Tenir de tels propos nécessite une extrême précision, et nécessite d'être blanc de tout soupçon de préjugé antisémite. Ce qui n'est souvent pas le cas de ceux qui les tiennent.


Le probleme du lobby (objectif) sioniste, n'est pas qu'il défende son point de vue (encore que celui-ci soit la défense du principe de conquête d'un territoire dejà occupé dans le but d'y implanter un peuple "dit élu").

C'est les pressions (en ce compris à partir de l'ambassade d'Israel) sur la société civile, média compris (cfr Le Soir), les cabales qui posent probleme. Tant à ceux qui défendent d'autres thèses... qu'aux démocrates.

Maintenant, toutes les personnes qui défendent Israel, l'idée coloniale juive et la politique israélienne contraire aux droits de l'homme et aux règles internationales ne font pas tous pressions sur des medias et na lancent pas tous des cabales.



Certain pro-palestinien sont simpliste. Mais que dire de ceux qui recherchent un (pseudo) "juste milieux" pour éviter le "simplisme"?
Childeric
Le principe d'un groupe de pression c'est de faire pression non ? Pas que je défende ces mécanisme, mais ils existent des deux côtés.

Si il n'y avait pas de groupes de pression propalestiens en Europe, nos journaux utiliseraient le vocabulaire suivant:

"activiste" deviendrait "terroriste"
"colonie" deviendrait "implantation" voir "ville"
"cisjordanie" deviendrait "judée-samarie"


sdetbikijflupke
Citation (Childeric @ Sep 5 2008, 09:59) *
Des gens qui sont au FN et parlent de lobby sioniste sont par essence suspects, parce que, en ne se distanciant pas de personnes clairement antisémites, et en faisant partie d'un parti politique qui a toujours entretenu la confusion, en parlant de "lobby juif" et en caressant dans le sens du poil les néonazis de tout bord, il faut redoubler de vigilance. Donc quand des gens comme ça parlent de "lobby sioniste" ça pue.


Les gens qui sont au FN sont suspects car :

1.font partie d'un "parti politique qui a toujours entretenu la confusion"...
2."en ne se distanciant pas de personnes clairement antisémites"... toujours au FN j'imagine.

Ben déjà là y a un problème parce que entre "parti politique qui a toujours entretenu la confusion" (pas de jugement de valeurs) et "...personnes clairement antisémites" (jugement de valeurs) il y a une grosse différence, et ces deux phrases se suivent dans ton raisonnement.


Citation (Childeric @ Sep 5 2008, 09:59) *
1. Il entretiennent la confusion sur le terme "sioniste", mettant dans le même sac la définition de sioniste comme personne "qui croit en la nécessité historique d'un Etat pour le peuple juif" et "personne considérant que la sécurité d'Israël mérite de se comporter en puissance occupante sur certains territoires".


Le problème ici est que bien souvent, dans les médias, les intervenants qui se disent ouvertement sioniste, en précisant bien qu'il s'agit d'être pour "la coexistence pacifique" des deux peuples en question dans le conflit, sont également farouchement anti-anti-sioniste. Et là y a un problème parce que sous prétexte qu'il y aurait des "gentils sionistes" (oxymore), on aurait pas le droit de dénoncer les méchants.


Citation (Childeric @ Sep 5 2008, 09:59) *
2. Ce terme suppose une nébuleuse dépassant les organes reconnus et organisés comme lobbys. Parler de "lobby sioniste" quand on parle d'associations organisant officiellement le soutien à Israël depuis la France ou la Belgique me semble légitime. Tout comme il existe en France et en Belgique un fort "lobby propalestinien". Comme le conflit est "sexy", ça n'est pas outre mesure surprenant. Ce qui l'est plus est de considérer par amalgame que toute personne tenant des propos pro israéliens serait inféodée à ce "lobby", supposant par là une organisation occulte (et donc un "complot juif").


Différence entre le lobby pro-palestinien et le lobby sioniste :

1. Oeuvre du lobby sioniste : réussir à faire suffisamment pression sur l'établissement Sc-po à Paris de telle manière à ce que les policiers fassent sortir un écrivain français de force sous prétexte d'un manque de sécurité... ... ...

2. Oeuvre du lobby pro-palestinien : réussir à faire inviter Redeker un samedi soir chez Ruquier sur le service public pour entendre dire que le nazisme d'aujourd'hui, c'est l'Islam ... ... ...

Va dire chez ruquier un samedi soir que les sionistes sont des nazis ( et là en plus il ne s'agit même pas d'une religion cela dit en passant...)

Citation (Childeric @ Sep 5 2008, 09:59) *
3. Tenir de tels propos nécessite une extrême précision, et nécessite d'être blanc de tout soupçon de préjugé antisémite. Ce qui n'est souvent pas le cas de ceux qui les tiennent.

Les juifs antisionistes sont-ils donc eux aussi de vilains antisémites ?
Slivever
Citation (Childeric @ Sep 5 2008, 12:41) *
Le principe d'un groupe de pression c'est de faire pression non ? Pas que je défende ces mécanisme, mais ils existent des deux côtés.

Si il n'y avait pas de groupes de pression propalestiens en Europe, nos journaux utiliseraient le vocabulaire suivant:

"activiste" deviendrait "terroriste"
"colonie" deviendrait "implantation" voir "ville"
"cisjordanie" deviendrait "judée-samarie"


Si l'ambassade israélienne et ses amis n'intervenait pas directement, Le Soir (journal peu suspect de sympathie anti-sémite) ne pondrait pas un article de temps en temps pour dire qu'ils en ont marre des pressions et les articles serraient tres rarement donnés à des gens qui ne sont pas expert.


Et tu fais bien de souligner qu'il faut des groupes de militant "pro-palestinien" pour qu'on appelle un chat un chat.

Il y a une différence entre défendre son point de vue en essayent d'ouvrir un espace disponible pour le défendre et fermer systématiquement les espaces défendant un point de vue contraire. Et ca, c'est clairement ce que font les pro-sionistes. (cfr, debut de la discussion)
abdellah
Citation
Bref, Jean Marc nous abandonne [Jean-Marc Sylvestre, journaliste économique ultra-libéral de France Inter, a quitté cette radio pour rejoindre TF1] , mais heureusement, nous avons une consolation, Philippe Val est toujours là, toujours sur France inter, le philosophe Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, celui qui a eu le courage de virer l’infâme dessinateur Siné ! La grande affaire de l’été à laquelle personne n’a pu échapper.


Ah, comme l’équipe de Là-bas était malheureuse d’être en vacances au milieu des vahinées, et de ne pas pouvoir soutenir l’ami de BHL et de Laurent Joffrin, celui qu’Alexandre Adler prend pour Emile Zola, celui qui a eu le courage de faire lyncher le vieux Bob Siné, tout comme il a réglé son compte au tout puissant Denis Robert , tout comme il a anéanti le révisioniste Noam Chomsky et tous les autres antisémites qui encombrent cette planète !


Car ils sont de plus en plus nombreux ces serpents, ils sont partout ! Ce n’est plus seulement Edgar Morin et Eric Hazan, plus seulement Pierre Bourdieu ou Hugo Chavez qui sont antisémites, plus seulement Bruno Guigue, Pascal Boniface, José Bové, Alain Badiou, Jacques Bouveresse, la rédaction du Monde diplomatique, Eyal Sevan ou Charles Enderlin, mais combien d’autres (sans parler de celui qui vous parle !) combien d’autres ?

C’est pourquoi Charlie Hebdo a rejoint la chasse contre ces sorcières. Depuis des années, un petit réseau d’inquisiteurs zélés ont trouvé une ficelle très efficace pour discréditer ceux qui leur déplaisent, c’est de les accuser ou de les faire accuser d’antisémitisme. Un mot qu’ils jugent douteux, une critique de la politique israélienne, ou de la politique de Washington, ou de l’Otan, ou même de l’occident, et ils font de vous un nouveau Drumont, ou un nouvel Eichman. Ils se disent « sionistes », ils disent défendre Israël mais ils sont de droite avant tout,
même d’extrême droite, souvent proches des néocons américains, leur objectif c’est de salir leurs adversaires politiques, des gens classés à gauche, en les faisant passer pour antisémite. Ca ne marche jamais, devant les tribunaux ces accusateurs perdent toujours, mais peu importe, pour eux c’est la calomnie qui compte.
C’est salir qui compte. Et ça, ça marche, toutes les personnes qu’on vient de citer ont subi des
conséquences dans leur vie professionnelle ou privée.
C’est quelque chose d’ assez ignoble qui s’est collé à la vie politique, médiatique et intellectuelle en France, surtout depuis 2001, 2002. Quelque chose qui inhibe, qui pervertit l’information, qui bloque les débats, c’est une immense censure non dite. C’est un terrorisme intellectuel tout à fait comparable au Maccarthysme américain ou à la terreur que faisaient régner les staliniens français dans les années 50/60 .


Or, tout ça vous le savez. Voilà des années qu’on en parle dans Là-bas si j’y suis. Tout le monde le sait. Et tout le monde se tait. Nous traversons des temps de résignation et de désespérance morne.
Mais sous la lâcheté, ça fermente quand même, ça couve, ça pue c’est vrai, mais ça s’accumule comme du gaz dans une bonbonne.

Et voilà que début juillet, BOUM ! Val a fait péter la grosse baudruche !

Ce maladroit s’est pris les pieds dans ses grosses ficelles. Il est tombé dans son propre piège et une immense poubelle de merde l’a entièrement recouvert, lui et ses « collaborateurs ».

Quelle injustice ! Alors même qu’il est celui qui aura le plus efficacement mis en évidence l’ignoble imposture du chantage à l’antisémitisme. Il l’a fait involontairement, sans aucun doute. Mais peu importe. Car cette imposture est criminelle. La banalisation de l’antisémitisme est un crime contre la mémoire des victimes. A voir des antisémites partout, on en voit nulle part. La banalisation de l’antisémitisme détourne et rend impossible la vraie lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Ce détournement doit être combattu partout et par tous, au grand jour.


Beaucoup d’autres choses ont surgi et cette histoire n’est pas terminée.

Celle-ci et d’autres nous attendent au coin du bois, au coin de la rue, au bout du monde.


Une partie de la newsletter de Mermet, excellent animateur de l'excellente émission "là-bas si j'y suis", sur France Inter.

Quant aux termes utilisés par les médias, Childeric, franchement, j'y vois plus souvent l'ombre des lobbies sionistes que ceux des antisionistes. D'ailleurs, il n'y a pas de lobby antisioniste, dans le sens précis du terme. Il ne s'agit pas de groupe d'intérêt mais de groupe des protestation et de manifestation, pas d'une organisation bureaucratisée avec des permanents payés et des finances assurées à intervalle régulier, mais plus généralement d'organisations à "but humanitaire".

A ce sujet, un chouette article: Les mots biaisés du Proche-Orient, de Joris Luyendijk.

D'ailleurs, on entend tous les jours "terroristes palestiniens", on entend tous les jours "les implantations en Cisjordanie", et on entend souvent dire "Jérusalem a décidé de lancer une opération...", alors que Jérusalem a un statut spécial, et que la capitale israélienne est Tel Aviv.
abdellah
Licenciement politique à RFI, par Marc Endeweld.
abdellah



Siné n'a pas chômé après son renvoi de Charlie Hebdo, en juillet dernier à cause d'une tribune sur le fils de Nicolas Sarkozy, jugée "antisémite" notamment par le journaliste du Nouvel Observateur Claude Askolovitch. Bibliobs.com, le site littéraire du NouvelObs.com, révèle mercredi 27 août, que le dessinateur lance Siné Hebdo, dont le premier numéro doit être en kiosque le 10 septembre. Le magazine évoque étrangement son ancien employeur et son futur rival Charlie Hebdo. Le contenu de Siné Hebdo paraît ressemblant, il sort également le mercredi et pour le même prix de deux euros. (Le Monde, 27/08/2008)

Dans cinquante ans on demandera aux écoliers "que vous rappelle le 10 septembre 2008 ?", la réponse fusera, unanime "la sortie de Siné Hebdo !("Là-bas si j'y suis", émission de Daniel Mermet, France Inter, 03/09/2008)





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DELFEIL DE TON
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Quevedo
Il y a aussi à mettre en gras Brunio Gaccio et Benoit Delépine, auteurs historiques des Guignols (et inoubliable Michael Kael pour le second heh.gif).
abdellah
Yep! Quant à savoir s'il sera disponible en Belgique, faudra voir! Mais le premier risque de s'avérer croustillant...
Childeric
Citation (Djinnramzi @ Sep 5 2008, 15:47) *
Ben déjà là y a un problème parce que entre "parti politique qui a toujours entretenu la confusion" (pas de jugement de valeurs) et "...personnes clairement antisémites" (jugement de valeurs) il y a une grosse différence, et ces deux phrases se suivent dans ton raisonnement.


Le FN est un parti qui a toujours entretenu la confusion, et ce notamment en ne se distanciant pas de personnes clairement antisémites. De plus, c'est un parti qui a, à de nombreuses reprises, flirté avec le négationnisme.


Citation (Djinnramzi @ Sep 5 2008, 15:47) *
Le problème ici est que bien souvent, dans les médias, les intervenants qui se disent ouvertement sioniste, en précisant bien qu'il s'agit d'être pour "la coexistence pacifique" des deux peuples en question dans le conflit, sont également farouchement anti-anti-sioniste. Et là y a un problème parce que sous prétexte qu'il y aurait des "gentils sionistes" (oxymore), on aurait pas le droit de dénoncer les méchants.


La question qui me semble essentielle est de savoir ce que tu entends par "sioniste", et ce à quoi toi tu t'opposes. On considère généralement comme "sioniste", quelqu'un qui défend le droit à l'existence d'un foyer national pour le peuple juif. Le peuple juif étant défini sur des critères ethniques et non religieux (i.e., les gens auquel on s'attaque quand un Prince décide de s'en prendre aux juifs). Un peu d'histoire t'apprendra que Herzl, père du sionisme politique (généralement laïque, et donc plus "ethnique" que religieux), avait notamment lancé le projet d'installer cet état en Ouganda. Cette idée se base sur une longue tradition, qui a grandit au fil des persécutions en Europe (et au fil des siècles), et a connu son apogée avec la seconde guerre mondiale.

Si tu considères que cette idée est "mauvaise" en soi (et non dans son application), libre à toi, tu as au moins l'avantage d'éviter tout confusion. Par contre, si ce à quoi tu t'oppose est l'occupation des territoires et/ou la colonisation, alors il faut être prudent dans l'utilisation des termes.


Citation (Djinnramzi @ Sep 5 2008, 15:47) *
Différence entre le lobby pro-palestinien et le lobby sioniste :

1. Oeuvre du lobby sioniste : réussir à faire suffisamment pression sur l'établissement Sc-po à Paris de telle manière à ce que les policiers fassent sortir un écrivain français de force sous prétexte d'un manque de sécurité... ... ...

2. Oeuvre du lobby pro-palestinien : réussir à faire inviter Redeker un samedi soir chez Ruquier sur le service public pour entendre dire que le nazisme d'aujourd'hui, c'est l'Islam ... ... ...

Va dire chez ruquier un samedi soir que les sionistes sont des nazis ( et là en plus il ne s'agit même pas d'une religion cela dit en passant...)


[parenthèse on] J'ai toujours du mal avec ce type de référence. Je t'assure qu'on peut très bien vivre sans télé. [parenthèse off]

Donc pour répondre en deux parties:

(1) Les lobby pro-palestiniens en Europe ont un véritable impact. Et pas uniquement sémantique (pour reprendre mon post précédent). C'est pas pour rien que ce conflit est en première page de tous les journaux depuis 60 ans... Malgré le fait qu'il soit relativement peu meurtrier...
(2) Si tu veux dire que quelqu'un est un "nazi", à la télé comme dans les journaux, je te conseille d'avoir de solides arguments, et des preuves tangibles que le type dessine vraiment des croix gammées dans les cimetières et dort sous un poster d'Hitler. Sinon, personne ne t'écoutera. Et tu ne pourras pas plus le dire dans une émission de télé que dans un journal à gros tirage.

Citation (Djinnramzi @ Sep 5 2008, 15:47) *
Les juifs antisionistes sont-ils donc eux aussi de vilains antisémites ?


Au sens strict, tu trouveras très peu de juifs antisionistes. A part peut être les rigolos de Naturei Karta, qui sont des fondamentalistes religieux. Tu trouveras des juifs qui veulent renoncer à tout caractère religieux ou ethnique pour la citoyenneté Israélienne. Mais tu trouveras peu de juifs prêts à renoncer à l'idée d'un "foyer national" dans lequel vivre en paix.

Maintenant, pour toutes les raisons définies plus haut, tout personne opposée au sionisme n'est pas antisémite, bien sur que non. Par contre, quand on nage dans des milieux équivoques, il ne faut pas s'étonner de provoquer la suspicion. Je ferai plus facilement confiance à Elie Barnavi qu'à Hassan Nasrallah pour m'expliquer les erreurs et les crimes qui sont commis au nom de l'Etat d'Israel.

[parenthèse on] et c'est d'ailleurs probablement ce que je n'ai jamais vraiment trouvé côté palestinien, des 'nouveaux historiens' capables de poser un regard critique sur les mythes fondateurs de leur histoire [parenthès off]

Childeric
En tout cas il a réunit une belle brochette d'auteurs autour de lui. Je pense qu'un journal comme celui là a toute sa place dans le paysage médiatique, et je lui souhaite une longue vie (et de bien s'essuyer le derrière après avoir chié dans les bégonias).

Notons aussi que c'est une tendance qui me semble lourde dans ce type de "bagarres médiatiques". On crée un grand buzz autour d'un micro événement (un type se fait virer d'un journal pour y avoir proféré un raccourci foireux, et parce qu'au fond lui et son boss avaient bien envie de se bagarrer), et voilà une promo gigantesque.

Sans cette affaire, jamais un type comme Siné n'aurait pu avoir son propre journal (avec son nom dans le titre en plus, waw). Moralité, le scandale fédère, le scandale fait vendre (pas neuf mais bon).

Je serais curieux de savoir si:

- Dieudo remplit plus ou moins les salles depuis son scandale.
- Soral a enfin réussi à faire vendre ses bouquins (avant le FN, le type vivotait dans un quasi anonymat).
- L'exemple commercial en inspirera encore beaucoup d'autres, ou si ce courant s'essoufflera.
Slivever
Si on parle tant d'Israel depuis sa création, et si les groupes de pressions pro-palestinien n'étaient pas organisés et nombreux et fourni il y a 60 ans, sans doute que ce n'est pas à cause des pro-palestiniens qu'on parle du conflit.

Europe >< Israel, auquel la majorité (en particulier... non anti-sioniste) assimile les juifs.


Les Pro-palestinien permettent de metre certains points en avant. Et on parlerait sans doute tres peu des exactions israéliennes et beaucoup des attentats et tirs sur Israel.


Et pour une fois... les medias parlent d'un probleme majeure. Car ce conflit a un impact important sur les opinions publiques ("la rue" quand ce sont des arabes) dans une région geo-strategique de premier plan. Pas vraiment de raison de s'en plaindre (même si la couverture est souvent superficielle, une "simple chronique" des morts).
Childeric
Citation (Slivever @ Sep 8 2008, 13:39) *
Si on parle tant d'Israel depuis sa création, et si les groupes de pressions pro-palestinien n'étaient pas organisés et nombreux et fourni il y a 60 ans, sans doute que ce n'est pas à cause des pro-palestiniens qu'on parle du conflit.

Europe >< Israel, auquel la majorité (en particulier... non anti-sioniste) assimile les juifs.


Les Pro-palestinien permettent de metre certains points en avant. Et on parlerait sans doute tres peu des exactions israéliennes et beaucoup des attentats et tirs sur Israel.


Et pour une fois... les medias parlent d'un probleme majeure. Car ce conflit a un impact important sur les opinions publiques ("la rue" quand ce sont des arabes) dans une région geo-strategique de premier plan. Pas vraiment de raison de s'en plaindre (même si la couverture est souvent superficielle, une "simple chronique" des morts).



Je pense qu'on est globalement d'accord à ce sujet, si ce n'est ta première phrase. Si on ne parlait que des attentats et des tirs sur Israël et pas de l'occupation, ça ferait longtemps qu'une "vraie" guerre aurait eut lieu, avec ses vainqueurs, ses vaincus, ses massacres, ses pillages et ses viols. Et donc ça ferait longtemps que le conflit ne serait plus à l'ordre du jour. Et c'est valable aussi au commencement de l'État d'Israël. Les pro-palestiniens étaient probablement moins organisés, mais la "cause arabe" l'était beaucoup plus (et en plus à l'époque il y a eu de "vraies" guerres).

Ce n'est pas pour rien qu'une guerre rampante peut exister aussi longtemps, faire si peu de morts, et passionner autant. Il faut un subtil mélange d'ingrédients: propagande, couverture médiatique, déclarations fracassantes, mini tentatives avortées d'accord de paix (mais avec une chaleureuse accolade) ...

Ceci dit je trouve ça très sain qu'il y ait des groupes de pressions des deux côtés qui tentent d'informer, chacun avec son propre biais et ses convictions propres (et la dose de mauvaise foi qui y est liée). Aux journalistes d'en faire la synthèse. On voit d'ailleurs qu'elle n'est pas la même en Europe qu'aux US. Il semblerait que là bas les lobbys pro-israeliens soient plus influents, là où il existe je pense une tradition plus pro-arabe en général en Europe de l'Ouest (vestiges du Gaullisme en France, auquel s'ajoute de fortes minorités de culture musulmane un peu partout).


Edit: pour ce qui est de ta dernière phrase, je n'en suis pas si certain. Je me demande souvent si ce n'est pas la surmédiatisation du conflit qui crée son importance, et pas le contraire... Et ça c'est aussi parce que "complot sioniste", "entité sioniste", "impérialisme sioniste" sont devenus des catalyseurs géniaux pour les frustrations du monde arabe, et le statu quo politique.
sdetbikijflupke
Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 11:00) *
Le FN est un parti qui a toujours entretenu la confusion, et ce notamment en ne se distanciant pas de personnes clairement antisémites. De plus, c'est un parti qui a, à de nombreuses reprises, flirté avec le négationnisme.


Là aussi, avec le terme "négationisme" je pense qu'il faut être prudent... C'est pas aussi simple que ça non plus, mais c'est un autre débat dans lequel j'ai pas vraiment envie de rentrer. Non pas que mes idées là dessus soit si scandaleuses, mais simplement parce que c'est pas le débat du tout. Par exemple, pour moi, révisionniste n'est pas FORCEMENT synonyme d'antisémite. C'est un travail de rat de bibliothèque, ni plus ni moins. Il suffit de lire un peu sur le sujet.

Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 11:00) *
La question qui me semble essentielle est de savoir ce que tu entends par "sioniste", et ce à quoi toi tu t'opposes. On considère généralement comme "sioniste", quelqu'un qui défend le droit à l'existence d'un foyer national pour le peuple juif. Le peuple juif étant défini sur des critères ethniques et non religieux (i.e., les gens auquel on s'attaque quand un Prince décide de s'en prendre aux juifs). Un peu d'histoire t'apprendra que Herzl, père du sionisme politique (généralement laïque, et donc plus "ethnique" que religieux), avait notamment lancé le projet d'installer cet état en Ouganda. Cette idée se base sur une longue tradition, qui a grandit au fil des persécutions en Europe (et au fil des siècles), et a connu son apogée avec la seconde guerre mondiale.

Si tu considères que cette idée est "mauvaise" en soi (et non dans son application), libre à toi, tu as au moins l'avantage d'éviter tout confusion. Par contre, si ce à quoi tu t'oppose est l'occupation des territoires et/ou la colonisation, alors il faut être prudent dans l'utilisation des termes.


Là j'vais avoir une réaction de gamin, mais ce genre de phrases "un peu d'histoires t'apprendra", ça fait tellement donneur de leçon que j'ai même pas envie d'y répondre. Et en plus, figure toi que je savais très bien tout ce qui suit. Quel autre mot que "sioniste" pour désigner les dirigeants de l'état d'Israel ?

« [...] le sionisme politique, fondé par Theodor Herzl (et condamné alors par tous les rabbins du monde comme trahison de la foi juive), [qui] découle, non de la foi juive, mais du nationalisme et du colonialisme européens du XIXe siècle. » (III, 2. Le lobby en France)

Dans les mythes fondateurs de la politique israélienne, puisque je vois que tu parles de mythes un peu plus bas. Je suis assez d'accord avec cette phrase, qui bien que très courte et sans nuance, a le mérite d'être claire.

Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 11:00) *
[parenthèse on] J'ai toujours du mal avec ce type de référence. Je t'assure qu'on peut très bien vivre sans télé. [parenthèse off]

Donc pour répondre en deux parties:

(1) Les lobby pro-palestiniens en Europe ont un véritable impact. Et pas uniquement sémantique (pour reprendre mon post précédent). C'est pas pour rien que ce conflit est en première page de tous les journaux depuis 60 ans... Malgré le fait qu'il soit relativement peu meurtrier...
(2) Si tu veux dire que quelqu'un est un "nazi", à la télé comme dans les journaux, je te conseille d'avoir de solides arguments, et des preuves tangibles que le type dessine vraiment des croix gammées dans les cimetières et dort sous un poster d'Hitler. Sinon, personne ne t'écoutera. Et tu ne pourras pas plus le dire dans une émission de télé que dans un journal à gros tirage.


Malheureusement, et je te l'apprend pas, nazi veut dire plus que ça...
Je sais que t'aimes pas que j't'envoie des videos mais bon :
http://www.dailymotion.com/relevance/searc...cifie-chez_news
Vois par toi-même ce que le mec dit sur le SERVICE PUBLIC... et dis moi si honnêtement, un mec pourrait dire pareil chez Ruquier en parlant d'Israel ... essaye de faire abstraction de ton dégoût pour la télé wink.gif

Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 11:00) *
Au sens strict, tu trouveras très peu de juifs antisionistes. A part peut être les rigolos de Naturei Karta, qui sont des fondamentalistes religieux. Tu trouveras des juifs qui veulent renoncer à tout caractère religieux ou ethnique pour la citoyenneté Israélienne. Mais tu trouveras peu de juifs prêts à renoncer à l'idée d'un "foyer national" dans lequel vivre en paix.

Maintenant, pour toutes les raisons définies plus haut, tout personne opposée au sionisme n'est pas antisémite, bien sur que non. Par contre, quand on nage dans des milieux équivoques, il ne faut pas s'étonner de provoquer la suspicion. Je ferai plus facilement confiance à Elie Barnavi qu'à Hassan Nasrallah pour m'expliquer les erreurs et les crimes qui sont commis au nom de l'Etat d'Israel.

[parenthèse on] et c'est d'ailleurs probablement ce que je n'ai jamais vraiment trouvé côté palestinien, des 'nouveaux historiens' capables de poser un regard critique sur les mythes fondateurs de leur histoire [parenthès off]


C'est donc parce qu'ils sont peu nombreux qu'il ne faut pas écouter ce qu'ils ont à dire ? Qu'il ne faut pas en tenir compte ?
L'argument : "OUI, bien sûr que ça existe, mais y en a tellement peu !", je ne le comprendrai jamais.

Et puis, ne crois tu pas que c'est parce qu'on a pas envie de les montrer qu'ils sont apparement si peu nombreux ?

"les mythes fondateurs" ?

Le mec qui a écrit "les mythes fondateurs de la politique israélienne" s'est fait traité de négationniste justement.


sdetbikijflupke
Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 11:07) *
Je serais curieux de savoir si:

- Dieudo remplit plus ou moins les salles depuis son scandale.
- Soral a enfin réussi à faire vendre ses bouquins (avant le FN, le type vivotait dans un quasi anonymat).
- L'exemple commercial en inspirera encore beaucoup d'autres, ou si ce courant s'essoufflera.


Je vais répondre à leur place, je peux pas m'en empêcher. Je ne sais pas s'ils vendent plus ou moins de places, de livres... mais en tout cas ils ont tous deux la garantie de qualité plutôt que la garantie de quantité, l'essentiel pour un artiste en fait, éviter à tout prix d'être une star.
Slivever
Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 14:42) *
Edit: pour ce qui est de ta dernière phrase, je n'en suis pas si certain. Je me demande souvent si ce n'est pas la surmédiatisation du conflit qui crée son importance, et pas le contraire... Et ça c'est aussi parce que "complot sioniste", "entité sioniste", "impérialisme sioniste" sont devenus des catalyseurs géniaux pour les frustrations du monde arabe, et le statu quo politique.


En fait, tu as d'accord avec moi... sauf concernant la premiere phrase... la derniere... et celle du milieu aussi je supose?

Si dans la région, (manipulée au pas, mais il faut reconnaitre qu'Israel a montré sa propenssion à pratiquer des guerres locales pour imposer ses interets. A leur échelle, ce n'est pas bien différent des usa en Irak, en ce compris l'usage abusif des Cassus Belli) la politique Israélienne est extrement importante... alors, l'étudier ici l'est aussi.

Et puis, au Liban ou en Jordanie, il y a un certain nombre de palestinen (refus du droit au retour) qui ont un impact sur la vie interieure. La Syrie a une partie de son territoire occupé (le Liban aussi). L'egypte a des problemes sur sa frontiere (Gaza). L'Irak a été bombardé. Et cette region est cruciale pour l'avenir a court et moyen terme du monde.

Surmediatisation (dans les pays arabes)?
Childeric
Citation (Slivever @ Sep 9 2008, 12:29) *
Citation (Childeric @ Sep 8 2008, 14:42) *
Edit: pour ce qui est de ta dernière phrase, je n'en suis pas si certain. Je me demande souvent si ce n'est pas la surmédiatisation du conflit qui crée son importance, et pas le contraire... Et ça c'est aussi parce que "complot sioniste", "entité sioniste", "impérialisme sioniste" sont devenus des catalyseurs géniaux pour les frustrations du monde arabe, et le statu quo politique.


En fait, tu as d'accord avec moi... sauf concernant la premiere phrase... la derniere... et celle du milieu aussi je supose?

Si dans la région, (manipulée au pas, mais il faut reconnaitre qu'Israel a montré sa propenssion à pratiquer des guerres locales pour imposer ses interets. A leur échelle, ce n'est pas bien différent des usa en Irak, en ce compris l'usage abusif des Cassus Belli) la politique Israélienne est extrement importante... alors, l'étudier ici l'est aussi.

Et puis, au Liban ou en Jordanie, il y a un certain nombre de palestinen (refus du droit au retour) qui ont un impact sur la vie interieure. La Syrie a une partie de son territoire occupé (le Liban aussi). L'egypte a des problemes sur sa frontiere (Gaza). L'Irak a été bombardé. Et cette region est cruciale pour l'avenir a court et moyen terme du monde.

Surmediatisation (dans les pays arabes)?



Nonon, j'étais bel et bien d'accord avec le milieu smile.gif

Maintenant, sans rire, je pense que c'est effectivement un processus qui s'auto-entretient, ne serait-ce parce que les pays arabes ont préféré garder des "camps de réfugiés" plutôt que d'intégrer les populations déplacées, et ce dans un but politique. Il y a quand même peu de cas dans l'histoire dans lequel le pays d'accueil des réfugiés les fait vivre pendant des dizaines d'années dans ce qui devient vite des villes fortifiées, sous prétexte de préparer leur "retour au pays". La région parait cruciale parce qu'elle est le centre de l'attention de tous (et, je le répète, le catalyseur des frustrations arabes). Et pas le contraire.

REMARQUE: ce que je dis ne dédouane en aucun cas les Israéliens de la réalité de ces déplacements (qui est par ailleurs un terme trop aseptisé à mon goût, mais je n'en ai pas d'autre sous la main), et n'est en aucun cas une apologie de la guerre. C'est juste une toute simple constatation. En vrai, je suis naturellement opposé à la colonisation, aux emprisonnements arbitraires, aux "solutions militaires" en général, et à l'occupation en particulier...
Childeric
djin> pas le temps de répondre à tout mais, en vrac:

- Je ne dis pas qu'il y a peu de "nouveaux historiens" palestiniens capables d'un regard critique sur les mythes fondateurs de ce nationalisme, et que je refuse de les lire. Bien sur que non... C'est juste que je n'en ai pas trouvé. Mais tu peux probablement me renseigner un bouquin ? Je me le procurerai avec plaisir.
- Je n'ai pas la compétence pour te dire ce que tu as le droit de dire ou de ne pas dire "chez Ruquier" et pour être honnête je m'en fiche un peu.
- Désolé si le commentaire historique paraissait arrogant, ce n'était certainement pas le but.
- Le terme "négationniste" n'est probablement pas "simple", mais prétendre que l'holocauste n'est pas un fait établi, et qu'il "reste aux historiens à faire leur travail" c'est être un faussaire de l'histoire. Et les déclarations publiques à ce sujet sont d'autant plus nauséabondes qu'il est facile de prétendre en 20 secondes des choses qui mettent des heures (et des centaines de documents) à être contredites. Ceci dit il faut rester ouvert bien entendu, si un jour quelqu'un vient avec des éléments nouveaux, pourquoi pas, mais les ouvrages négationnistes existant ont tous déjà été démontés de A à Z, et les exhumer régulièrement est un acte négationniste.
sdetbikijflupke
Citation (Childeric @ Sep 9 2008, 13:52) *
djin> pas le temps de répondre à tout mais, en vrac:

- Je ne dis pas qu'il y a peu de "nouveaux historiens" palestiniens capables d'un regard critique sur les mythes fondateurs de ce nationalisme, et que je refuse de les lire. Bien sur que non... C'est juste que je n'en ai pas trouvé. Mais tu peux probablement me renseigner un bouquin ? Je me le procurerai avec plaisir.
- Je n'ai pas la compétence pour te dire ce que tu as le droit de dire ou de ne pas dire "chez Ruquier" et pour être honnête je m'en fiche un peu.
- Désolé si le commentaire historique paraissait arrogant, ce n'était certainement pas le but.
- Le terme "négationniste" n'est probablement pas "simple", mais prétendre que l'holocauste n'est pas un fait établi, et qu'il "reste aux historiens à faire leur travail" c'est être un faussaire de l'histoire. Et les déclarations publiques à ce sujet sont d'autant plus nauséabondes qu'il est facile de prétendre en 20 secondes des choses qui mettent des heures (et des centaines de documents) à être contredites. Ceci dit il faut rester ouvert bien entendu, si un jour quelqu'un vient avec des éléments nouveaux, pourquoi pas, mais les ouvrages négationnistes existant ont tous déjà été démontés de A à Z, et les exhumer régulièrement est un acte négationniste.


Bon pour le premier point, j'avoue que je me suis mal exprimé, je ne parlais pas des historiens palestiniens, mais des juifs antisionistes. Et je disais simplement, qu'ils existent, et qu'ils méritent qu'on en tienne compte. Pour moi l'argument de dire qu'il y en a peu, et même si cela était vrai, n'est pas valable.

Pour Ruquier, bon déjà j'suis pas un grand téléspectateur non plus, je regarde TRES rarement la télé. (Si j'ai envie de voir des émissions qui me plaisent j'attend qu'elles soient en streaming sur dailymotion). Bref, Ruquier c'est quand même le service public. POur moi ça a un sens symbolique fort qu'une personne puisse parler comme ça sur la télé publique. C'est tout ce que je dis. Et je doute qu'on puisse parler comme ça d'Israel sur le service public. (CFR. dieudo et son sketch du colon qui termine par un Israel bras nazi tendu.)

Pour le commentaire historique, mettons alors tout sur le compte de ma paranoïa biggrin.gif

Pour le dernier point on est totalement d'accord. Je comprendrai jamais où est l'intérêt de contester le chiffres. Ce ne sont que des chiffres. l'important c'est ce qu'ils représentent, là dessus j'pense qu'on est d'accord, d'où le travail inintéressant de rat de bibliothèque.

Mais là où je rajouterais quand même quelque chose, c'est que là où est toute l'horreur de la shoah, là où elle prend toute son ampleur, c'est dans l'utilisation qu'on en fait. Je trouve ça tout aussi abominable d'utiliser la shoah comme un argument politique que la shoah elle-même, si pas plus !

Regarde ce qui se passe avec le 11.09... plus personne n'y croit. Mais quand quelqu'un dit "je ne crois pas à la version officielle du 11 septembre", ça ne veut pas dire "ce qui s'est passé n'est pas affreux, on nous fait croire que des gens sont morts alors qu'il n'en est rien". Non ça veut dire : "compte tenu de ce qui s'est passé suite aux attentats, il me semble que les intérêts de cet argument en tant qu'argument politique sont ÉNORMES et il me semble donc bon de douter de la version officielle." C'est pas être "anti-américain" ça...

Douter, ça veut pas dire "je n'y crois pas", mais simplement "je me réserve le droit de me poser des questions sur le sujet."
D'où pour moi, "révisioniste" n'est pas TOUJOURS synonyme d'antisémite, tout dépend du degré de remise en question, de la validité des arguments etc.
rumesnevi
Comment fut inventé le peuple juif



Déconstruction d’une histoire mythique
Comment fut inventé le peuple juif
Les Juifs forment-ils un peuple ? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.
Par Shlomo Sand

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah (1) dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.

Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.
Le judaïsme, religion prosélyte

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci... était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif.

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple.

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’Etat d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’Etat, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée (2).

A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite.

Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud (3) autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.

La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish (4).

Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.

Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie. Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier. La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive (5) dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ».

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’Etat d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.

Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet Etat n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’Etat des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

Ecrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.

Shlomo Sand
el_dje
super article
abdellah
Ouep, je suis tout à fait d'accord!


Pour en venir à Siné, voici un article publié dans Rue 89, par l'avocat Jean-Yves Halimi:

Citation
En droit, on voit mal comment Siné pourrait être condamné


Pour procéder au licenciement brutal de Siné, Philippe Val, patron de Charlie Hebdo, a soutenu que les propos tenus par le dessinateur l’auraient exposé, comme directeur de publication, à des poursuites pour incitation et provocation à la haine raciale de la part de Jean Sarkozy, fils du Président de la République.

Le risque peut, en apparence paraître réel puisque ces mêmes propos sont aujourd’hui attaqués devant le Tribunal correctionnel de Lyon par la LICRA (pourquoi Lyon et non Paris où l’hebdomadaire concentre un plus grand nombre de lecteurs et de victimes potentielles de la prétendue provocation ? ).

Cette association avait poursuivi, sous la même qualification, le journaliste Daniel Mermet pour des émissions sur le Proche-Orient, que les tribunaux, cours d’appel et cour de cassation ont jugées équilibrées et répondant à une volonté légitime d’informer y compris en ayant eu l’audace de donner la parole à des militants palestiniens.

Dans les actuelles poursuites force est de constater que la rigueur du droit s’accommode mal des interprétations ébouriffantes de certains pétitionnaires.

Le passage poursuivi reprend intégralement et dans des termes identiques, une déclaration de Patrick Gaubert, président de la Licra publiée par Libération contenant deux éléments factuels d’information :

1. Jean Sarkozy va épouser une héritière des magasins Darty ;
2. Il envisage de se convertir au judaïsme et d’adopter la religion de sa promise.

S’agissait-il d’une fausse rumeur ? Peut-être mais elle émane du président de la Licra, selon Libération qui la présente comme une information dont on peut supposer qu’elle a été vérifiée.

Siné a simplement ajouté une phrase de son cru : « il ira loin ce petit ».

Où sont les juifs ?

La polémique gonfle une partie de l’été, pourtant riche en informations qui éclairent sur l’évolution du monde, d’aucuns pensent « qu’olfactivement » ce texte fait respirer une odeur nauséabonde née de l’association des juifs et de l’argent ; d’autres y voient plus banalement une critique-fondée ou pas- de l’arrivisme de Jean Sarkozy supposé s’être marié par intérêt après avoir brillamment conquis sur ses seuls mérites un siège de conseiller général des Hauts de Seine.

Mais où sont les juifs et leur mise en cause dénigrante ?

La Licra peut-elle avec quelques chances de succès poursuivre des propos tenus en partie par son président ?

La langue française comporte une grammaire exigeante et il est utile de s’y référer.

Le sujet du passage dont Siné et Patrick Gaubert sont les coauteurs, c’est Jean Sarkozy. Il est nommément désigné et il est aisé même au lecteur le plus obtus de comprendre qu’il n’est pas juif puisqu’il envisagerait une conversion à la religion juive.

Dès lors comment y voir une mise en cause de l’ensemble des juifs pris dans l’universalité de leur histoire ?

Nul ne plaide par procureur

Seul mis en cause, Jean Sarkozy a seul qualité pour agir en justice, s’il le souhaite, sous la qualification civile ou pénale qui lui apparaîtrait la plus appropriée. Aucune association ne peut se substituer à lui car nul ne plaide par procureur, dit un adage érigé en principe général du droit et la Licra risque fort d’être déclarée irrecevable sans le moindre examen au fond.

Supposons cet obstacle franchi devant les magistrats lyonnais. La mention des origines juives de Mademoiselle Sebaoun-Darty ne relève pas d’une allusion perfide visant à la disqualifier, elle rend intelligible l’information sur la conversion supposée de son futur époux. En faire abstraction conduirait le lecteur à se demander à quelle religion se convertit Jean Sarkozy ou, s’il le sait par ailleurs, pourquoi choisit-il la religion juive ?

On comprend mal comment l’ensemble des juifs pourrait se sentir dénigré par les éléments divulgués de ce mariage qui, pour les plus croyants, s’accompagnerait de la perspective heureuse de l’arrivée d’un nouveau fidèle.

L’antisémitisme comme arme d’un combat politique

Reste la prétendue association « des juifs » et de « l’argent ». Mais les juifs sont absents du texte poursuivi et la seule association que fait Siné c’est entre l’argent et l’héritière Darty, réalité incontestable qui le conduit à penser et à écrire que sa seule fortune a guidé le choix de Jean Sarkozy de la prendre pour épouse et que ce dernier a agi par opportunisme et non par « amour ».

Cette information, contenant la même association d’idées, a d’ailleurs été largement diffusée par la presse : Le Nouvel Observateur présente même le couple en photos en ouverture d’un dossier consacré à la « France des héritiers ».

La justice peut toujours nous surprendre mais on voit mal comment Siné pourrait être condamné. Enfin, cette affaire, après bien d’autres analogues dont j’ai l’expérience, montre l’utilisation récurrente de l’arme de l’antisémitisme comme instrument d’un combat politique contre ceux qu’André Taguieff qualifie dans son dernier ouvrage de « militants antisionistes, pervertis par les usages communistes, tiers mondistes, arabo-musulmans et islamistes » qui manifestent,selon lui, leur haine du peuple juif en détestant l’Occident.

Cela fait du monde à faire taire.


Addendum 08/09/2008 Des internautes me reprochent de n’avoir traité qu’une partie des poursuites engagées contre Siné. En effet, je suis parti du licenciement de Siné pour antisémitisme et me suis interrogé, à la faveur d’une intense campagne médiatique qui ne portait que sur cet aspect sur le fondement juridique de ces poursuites. J’observe que l’autre aspect du dossier (des propos acerbes et iconoclastes sur la religion musulmane dans ses prescriptions vestimentaires et culinaires) sont plus anciens et n’ont surgi qu’après l’affaire du licenciement pour antisémitisme.

Il y aurait beaucoup à dire, en s’inspirant des textes non tronqués de Desproges et des unes d’Hara Kiri des années 80 sur l’impossibilité actuelle de stigmatiser toutes les formes de racismes en s’inspirant de leurs propres poncifs et représentations.

On ne pourrait plus aujourd’hui montrer Hitler en une de Hara Kiri et disant « alors les youpins, ça gaze », ni prétendre compter les juifs dans une salle de spectacle (Desproges).

Toujours est il que les propos anciens de Siné sur la religion musulmane n’ont donné lieu à l’époque à aucune critique, notamment du Directeur de la Publication, Philippe Val et qu’on peut se demander si, sur cette partie là, de la citation il est également poursuivi comme auteur principal du délit comme le serait tout Directeur de la publication placé dans une situation analogue.

Enfin le choix de Lyon plutôt que de Paris sur lequel différentes interprétations circulent et que j’ai traité sur une forme interrogative m’apparaît découler du souci de la LICRA de ne pas se retrouver devant la juridiction qui a relaxé Val au nom de la liberté de critiquer une religion lorsqu’il a été poursuivi pour les caricatures de Mahomet et de poursuivre Siné pour les mêmes raisons qui avaient valu à Val d’être lui-même attaqué.

Quevedo
Citation
France
Jean Sarkozy marié à Jessica Sebaoun dans l'intimité

AFP

Mis en ligne le 10/09/2008
En début de soirée, les journalistes, tenus à l'écart, ont entendu retentir une salve d'applaudissements provenant d'une salle de la mairie, laissant supposer que la cérémonie était achevée.

Jean Sarkozy, fils cadet du chef de l'Etat français, a épousé mercredi Jessica Sebaoun, fille du fondateur de la chaîne de magasins d'électroménager Darty, en présence d'un petit nombre d'invités, a-t-on appris auprès de l'un d'eux.

Les invités parmi lesquels des amis intimes du président, le ministre de l'Immigration Brice Hortefeux et le chanteur de rap Doc Gyneco ont assisté à la cérémonie à la mairie de Neuilly, banlieue huppée de Paris et fief familial des Sarkozy où Jean Sarkozy, 21 ans, s'est lancé en politique sur les pas de son père. Nicolas Sarkozy et son épouse Carla sont arrivés par une porte dérobée, a constaté une journaliste de l'AFP.

Pour cette cérémonie, Jean Sarkozy, né d'un premier mariage de Nicolas Sarkozy, était également entouré de sa grand-mère Andrée, de son oncle Guillaume et de son frère aîné, Pierre. En début de soirée, les journalistes, tenus à l'écart, ont entendu retentir une salve d'applaudissements provenant d'une salle de la mairie, laissant supposer que la cérémonie était achevée.

Jean Sarkozy, étudiant en droit, a été élu en mars conseiller général à Neuilly-sur-Seine, avant de prendre la tête du groupe des élus de la majorité de droite au conseil général, l'exécutif du département des Hauts-de-Seine, dans l'ouest parisien.


(LLB)

...

Citation
Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !


(Siné)


...Malheur ! La Libre place, comme Siné au fond, dans la même phrase un nom juif et "héritière d'une entreprise prospère". Le sous-entendu est nauséabond !
Childeric
quevedo> classe la mauvaise foi. La vérité (si je mens) c'est qu'il s'est même pas converti au judaïsme, ce qui double le sous entendu puant initial de désinformation (ou de colportage de rumeurs).
Quevedo
Pour ce que j'ai mis en gras, c'est juste que la ressemblance m'a paru troublante...

Pour la conversion, faut pas oublier de contextualiser les propos de Siné, sinon mauvaise foi toi même biggrin.gif Ils remontent à début juillet. Siné s'est lui même basé sur le Libération du 23 juin. Ce n'est que début août que Jean S. a démenti la rumeur, dans un magazine paraissant en septembre ("L'optimum").
Childeric
bah alors c'est que je suis pas clair depuis le début sur ce que je reprochais au bonhomme.

Dire

"Moshe Arbizenstein-Levy, riche négociants en tissu", c'est factuel (enfin, si il l'est vraiment). Par contre, "Moshe Arbizenstein-Levy, riche négociant juif en tissu, et il faut dire qu'être juif aide quand on est négociant en tissu" c'est autre chose...
Quevedo
Oh pardon, j'ai du sauter quelques unes de vos tartines.


Siné dit : "sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty".

J'ai beau retourner le passage dans tous les sens, c'est factuel, purement factuel. Comme la Libre Belgique.

Une fiancée, qui est juive (c'est un fait) et héritière d'une grosse entreprise (c'est aussi un fait).

Siné ne dit pas : "fiancée juive et, comme tant de Juifs, héritière d'une grosse entreprise".


J'avoue que je suis perplexe...
abdellah
Moi je l'ai, moi je l'ai! lmaosmiley.gif



Au passage: la petit mise au point de Warschawski concernant les pseudo-processus de paix au Proche-Orient vaut le détour. D'une effroyable lucidité!
foscup
Citation (Quevedo @ Sep 11 2008, 18:25) *
Oh pardon, j'ai du sauter quelques unes de vos tartines.


Siné dit : "sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty".

J'ai beau retourner le passage dans tous les sens, c'est factuel, purement factuel. Comme la Libre Belgique.

Une fiancée, qui est juive (c'est un fait) et héritière d'une grosse entreprise (c'est aussi un fait).

Siné ne dit pas : "fiancée juive et, comme tant de Juifs, héritière d'une grosse entreprise".


J'avoue que je suis perplexe...



Siné dit : "il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! "

Le seul truc qu'on peut lui reproché , c'est ce "juive" qui est une information redondante et inutile. Se convertir au judaisme suffit pour savoir qu'elle est juive. Pourquoi insisté lourdement? A partir de là je comprends que certains se posent des questions sur une éventuelle forme d'antisémitisme. Par contre se forger une certitude uniquement sur ce texte je trouve ça abusé...


Quevedo
Je ne sais pas si tu as déjà feuilleté CH et que tu t'es déjà arrêté sur "Siné sème sa zone". Perso je suis pas fan, le style est d'apparence très brouillonne, le texte écrit à la main. Siné n'est pas Cavanna, pour prendre deux vieux chroniqueurs de CH. Cavanna, ce sont des phrases chronométrées, avec les mots bien pesés. C'est un vrai exercice de style. La redondance de Siné, je l'imputerais plus au style d'expression du personnage qu'à une volonté de faire passer une idée particulière.
TeKi
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008...96188_3224.html


Citation
Le monde politique et le milieu associatif ont-ils manqué de prudence dans l'affaire de l'agression de trois juifs dans le 19e arrondissement ? L'enquête policière a montré que l'agression de trois jeunes juifs, légèrement blessés samedi 6 septembre, ne revêtait pas de caractère antisémite.

Citation
L'un des jeunes interpellés est d'ailleurs juif lui-même, assure un policier en relevant qu'"il avait une kippa lui appartenant dans ses affaires".
Quevedo
"Là bas si j'y suis" (France Inter) d'hier : entretien avec Shlomo SAND (Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel Aviv) pour son livre "Comment le peuple juif fut inventé".
sdetbikijflupke
Pour revenir à cette affaire (dont Teki parle un peu plus haut également) une nouvelle arnaque à l'antisémitisme :

http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EkkEZEVVkpssDvVgsr.shtml

"[...]Le seul hic, c’est que, comme il fallait s’y attendre, il ne s’agissait nullement d’un acte antisémite mais d’une banale rixe entre deux bandes de jeunes, composées toutes les deux en partie de juifs…"

"Certains médias qui avaient crié au loup nous expliquent maintenant que le fait divers avait attiré leur attention car il survenait après l’agression dans le même quartier d’un adolescent de confession juive, Rudy Haddad, le 21 juin.

On se souvient que ce jeune homme avait été déclaré aux abords de la mort, puis qu’il était sorti presque miraculeusement du coma. On se demande bien pourquoi la grande presse ne nous donne plus de nouvelles de lui…"


Et comment qu'on se le demande, ben voilà, la réponse est dans l'article... parce qu'une fois de plus, on s'est foutu de notre gueule, comme toujours sur le sujet (cfr. dieudo, soral, siné, nabe, ramadan etc. etc. etc.)
Childeric
http://www.lesoir.be/forum/chroniques/cont...19-640180.shtml

Avec notamment l'archive qui tue (et qui nous rappelle que Siné était déjà vieux il y a longtemps)

Nous nous tournâmes donc vers le Vénéré, l’Incontestable, le Référent absolu : M. Pierre Desproges, en personne.

Dans son indispensable Tout Desproges (Editions du Seuil, 1.449 pages), celui qui a fait le tour de la question en une phrase légendaire « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ! » brosse l’implacable et désolant portrait qui suit : « Siné, la baguette sous le bras et le béret sur la tête, comme un Guevara de gouttière, va sa vie à petits pas, tel un super-Dupont mou, plongeant mollement dans le fluide glacé de son troisième âge.

Comme les imbéciles et les morts, Siné n’a jamais changé d’opinions. Il s’est figé depuis deux décennies dans les mêmes petits clichés franchouillards de gauche où s’enlisent encore les laïcs hystériques de l’entre-deux guerres et les bigots soixante-huitards sclérosés que leur presbytie du cortex pousse à croire contre vents et marées que le Canard Enchaîné est toujours un journal anarchiste et le gauchisme encore une impertinence. (…)

La constance dans l’œuvre de Siné est que cet homme ne connaît pas le doute. Que la vie serait plus belle si tout le monde doutait de tout, si personne n’était sûr de rien ! »

Étonnant, non ?

En tout cas, pour faire mieux que Desproges dans le « Contrepieds » qui vous la coupe, je ne vois guère que le pétulant Bernanos avec son indépassable formule « Hitler a fait beaucoup de tort à l’antisémitisme » !
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