Alors quel livre êtes vous en train de lire? Et quel verdict pour celui-ci?
En ce qui me concerne, dans un premier temps j'ai lu: Alexandre Jardin- Chaque femme est un roman

Livre amusant à lire, assez bien écrit dans l'ensemble. Humoristique mais touchant parfois à la "philosophie de café". Tantôt naturel, tantôt surréel (on se demande s'il n'en fait pas un peu trop, et finira peut-être subtilement par l'avouer lui-même).
Rien d'exceptionnel en soi, parfois au bord du nunuche mais jamais dedans, certaines petites nouvelles (puisque ce sont à chaque fois des petits récits de femmes) sortent du lot grâces à l'étrangeté parfois, à la sensibilité souvent, des ces femmes. On finit par se demander: où peut-on les rencontrer ces grand-mères fabuleuses, ces éditrices farfelues, ces jeunes filles aux idées saugrenues, ces mères hystériques de la pensée ouverte.
Pensée ouverte, c'est bien ça dont il est question durant tout ce livre, c'est ce qui nous tient sans nous retenir vraiment, ce qui nous y plonge sans captiver franchement.
« Qu’est-ce qu’une femme décisive, sinon une fenêtre qui s’ouvre dans un mur que l’on croyait aveugle ? »
Ensuite, roman dont il me reste quelques pages à achever mais dont je peux déjà vous parler sans trop m'y risquer: Gilles Leroy - Alabama Song

Albama Song nous transporte dans le monde déchu, mais d'abord d'espoir, de ces écrivains de l'entre-deux-guerres en quête de succès: Scot Fitzgerald et Zelda Sayre. Ils sont en quelques sortes les Tom Cruise et Katie Holmes de l'époque. C'est cette célébrité qui mèneront à leur perte en passant par cette déchéance de l'artiste en joie aux soirées arrosées.
Zelda sera notre correspondant, c'est dans ses pensées que nous entreront, sans effraction, en discrétion ; au mieux, au plus bas.
Mais le point fort d'Alabama Song n'est pas ici, dans ce scénario, non. Toute la sensation qu'y s'en dégage vient de cette virtuosité de l'écriture de Gilles Leroy. Passant d'un époque à l'autre, de la pensée au réel, c'est l'écriture qui s'empare du personnage. De la folie psychiatrique, à l'envie de puissance, de cette emprise que Zelda pourrait (voudrait) avoir sur les hommes et sur son destin.
Dans un style poétique imprégné de toute la folie de cette femme, Alabama Song nous emmène dans ces contrées où le poil se rebrousse et le frisson nous parcoure. Un Prix Goncourt mérité.
" Je suis la fille du Juge, la petite fille d’un sénateur et d’un gouverneur : je fume et je bois et je danse et je trafique avec qui je veux. Je suis une salamandre : je traverse les flammes sans jamais me brûler. »



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