Citation (Djinnramzi @ Dec 16 2008, 01:37)

le sous-entendu étant : comme Le pen a servit à l'époque d'épouvantail pour faire peur à l'électorat dont on espérait -et ce fut fructueux- qu'il vote massivement à "gauche", Besancenot servirait aujourd'hui les intérêts de la droite ... [...] ce schéma d'une personne qui sert d'épouvantail à un parti en vue d'avoir plus d'électeurs est spécifique à la France ou est-ce que ça arrive dans d'autres pays ?
Epouvantail dans le cas des très médiatiques Le Pen et Besancenot, je ne crois pas, Sarko espère pas (et Mitterrand en son temps) que les gens votent UMP en voyant Besancenot mais plutôt que les gens votent...Besancenot (car, encore une fois, il passe bien dans la petite lucarne, comme Le Pen passait bien), handicapant ainsi le PS en le ponctionnant, handicap d'autant plus fort qu'on est en scrutin majoritaire. Pas grossir son score, mais amoindrir celui du concurrent.
Citation (abdellah @ Dec 16 2008, 17:39)

Tout cela tient en que les mots ont un véritable pouvoir, qui peut être incroyablement puissant, et ce, d'autant plus que c'est pas des mécanismes inconscients qu'on les intègre. C'est cet état de fait qui a poussé John Langshaw Austin à écrire un livre de philosophie du langage: How to do things with words (en français: Quand dire, c'est faire), et à énoncer la potentialité performative du langage.
"Quand dire, c'est faire", ça me fait penser aux effets d'annonce des politique, pas à l'effet performatif

C'est un vrai travail de sape oui, qui fonctionne sur la répétition, est martelé. On peut parler de prosélytisme, voire de "prêtrise séculière". On a "imposition permanente, insidieuse" d’un lexique commun, lexique "qui produit, par imprégnation, une véritable croyance". Et évidemment, ce n'est pas qu'une décrédibilisation de la contestation (qui passe d'ailleurs aussi par la campagne de "modernisation" de la Gauche parlementaire : celui qui n'adhère pas au mouvement passe pour archaique, et qui voudrait voter, a fortiori dans un contexte de crise, pour des gens archaïques ?), il s’agit dans le même temps "d’escamoter le conflit, de le rendre invisible et inaudible", afin de faire passer le vote Extrême-Gauche pour superflu.
Concrètement et par exemple, "on ne dit plus le patronat, on dit les forces vives de la nation ; on ne parle pas de débauchage, mais de dégraissage, en utilisant une analogie sportive (un corps vigoureux doit être mince)".
Il y a aussi les crises (communautaire, financière, etc), "mot-masque" venu tout droit "du vocabulaire de la médecine classique : la crise est le bref moment – quelques heures – où les signes de la maladie atteignent un pic, après quoi le patient meurt ou guérit ». Mais « parler de crise à propos du logement, de l’emploi, du cognac ou de l’éducation n’implique pas que leurs problèmes vont être résolus à court terme. Chacun sait qu’ils sont tout à fait chroniques mais l’évocation d’une crise contribue à calmer les impatiences".
Toujours dans le registre des euphémismes pacificateurs, dorénavant en lieu et place des "classes" sociales et de la lutte en découlant, on parle de "couches sociales, d’une rassurante horizontalité", de "tranches - d’âge, de revenus et d’imposition" et de "catégories, socioprofessionnelles ou autres".
Citation (heno @ Dec 16 2008, 18:06)

Etonnament, j ai dans le souvenir que quand MAM a parlé d ultra-gauche pour ces histoire de trains, elle avait dit qu'ils se faisaient apeller eux-mêmes de cette façon. Maintenant, je dois sûrement me tromper !
Oui, mais ce qui est en cause ici, c'est la généralisation abusive du terme. Sa mise à toutes les sauces.