Histoire de remonter le sujet, j'ai reçu un formulaire pour la carte Mobib, qui est appelé à être l'unique moyen d'emprunter le réseau de la STIB remplaçant même les cartes magnétiques.
Faut-il le rappeler, la Stib est une entreprise citoyenne, comme elle se décrit elle même. Ça signifie que l'entreprise est tout autant composée des fonctionnaires que des usagers. C-a-d une participation au futur de la société.
Le slogan du Mobib : "Liberté, rapidité, facilité". "La technologie sans contact". Au delà de savoir si ça va enfreindre la vie privée, c'est le problème de la volonté incessante de tout automatiser. C'est pas une lamentation rétrograde, je ne suis pas contre le progrès, c'est juste de savoir à quel prix. C'est vrai, c'est plus rapide, c'est plus pratique, on peut gérer la logistique et éviter la fraude. Mais on perd en rapport humain, en indépendance, mais on perd surtout en volonté de puissance. On sous-traite à d'autre ou à des machines pour ne plus s'en occuper et pour finalement plus ni penser. Je pense surtout à l'avenir où tout cela sera intériorisé et banalisé, les informations personnelles flotteront dans la sphère publique. On peut se transposer à demain : avec les progrès en nanotechnologie, pourquoi ne pas intégrer directement la carte à l'échelle micro, nano ou voir femto dans les vêtements ou directement sur la peau ; avec les progrès en électromagnétisme, pourquoi ne pas faire des portiques automatiques qui scrutent toutes informations. Et bien ces deux technologies existent déjà de fait. La deuxième connait déjà une application au supermarché. Je ne cherche pas à établir une dystopie à la Orwell ou Huxley, je me demande juste si on ne vend pas notre autonomie pour consommer plus vite et pas forcément meilleur... Projection catastrophique : on peut imaginer que la STIB se privatise, c'est pas totalement impossible.
Au niveau de la protection de la vie privée, il y a une législation, mais les lois changent. Il y a aussi un manque de transparence sur cette technologie, ça reste assez flou. Sur le site de la technologie qu'utilise Mobib,
Calypso Networks Assiociation, on découvre des infos intéressantes :
- ça permettra d'automatiser le marketing ou autrement, cibler le profil client pour envoyer des publicités ;
- développer le sens de la citoyenneté (sic) ;
- valoriser les technologies Calypso en Europe ;
- mieux gérer le flux aussi bien nationalement qu'internationalement ;
- STIB tries to host the transport application in all the bank cards owned by 82 % of public transport customers ;
- Il y aura surement des partenaires au système, il parle premièrement de musées ;
Au dos de la convocation, on trouve une espèce de contrat indisponible sur son site. Il y a des clauses pour le moins singulières :
Citation
2.4 La carte doit obligatoirement être validée à chaque montée ou correspondance sur véhicule ainsi qu'en station.
Citation
2.7 Le titulaire renonce à tout recours ou réclamation liée à l'utilisation de la carte ou à son contenu, sauf dol ou faute lourde de la STIB.
Mais plus bas :
Citation
[...]vous disposer du droit de vous opposer gratuitement au traitement de vos données [...]
Citation
3. 3) envoi ciblé de de promotion commercial et/ou d'une newsletter dans le cadre d'activités de marketing direct. Les seuls produits ou services dont il est envisagé d'assurer la promotion de cette manière sont ceux offerts par la STIB. Les données recueillies via le formulaire de demande de renseignements ne seront en aucun cas communiqués à des tiers à des fins de marketing direct.
Mais plus bas :
Citation
[...]Vos données peuvent être transmises à d'autres personnes physiques ou morales liées contractuellement à notre société en qualité de sous-traitant. Elles n'accèdent, dans ce cas, qu'aux seules données dont elles ont besoin pour s'acquitter de leur tâche. [...]
Pour moi, c'est un peu ambigu ...
Il y a déjà eu une controverse avec la RATP (avec le même système) qui a mené à un pass anonyme. On pourrait imaginer une solution dans ce sens.
Si mon topo a consonance gauchiste, c'est fortuit... Mais comme dit plus haut, dans nos sociétés, on a trop tendance à punir la faute plutôt qu'à l'a prévenir. Et aussi, l'argument "Je n'ai rien à me reprocher" est abscons. Exemple totalement extrême et disproportionné, je le conçois, les juifs lors de la Shoah n'avaient rien à se reprocher à porter l'étoile jaune. Pas besoin de discuter cet exemple.