Citation (Princhip @ Jun 2 2009, 13:35)

Pour le reste pour moi un acte violent qu'il s'explique par une idéologie de merde, ou un comportement de merde c'est kifkif les deux méritent d'être puni de la même manière, un acte violent et gratuit n'est pas moins grave qu'un acte violent ou sous-tend une idéologie raciste (symboliquement je trouve que l'agression raciste est plus grave que l'autre, mais je pense sincèrement que punir plus gravement quelqu'un à cause de sa philosophie n'est pas juste)
Je m'inscris totalement en faux par rapport à ce genre de raisonnement. Évidemment que des actes inspirés, d'une part, par l'appât du gain ou quelque chose d'approchant, et d'autre part, par des considérations idéologiques de types racistes, sont des actes qui relèvent expressément d'une logique différente, et donc d'une sanction différente. C'est l'abc des principes de justice, toute chose étant égale par ailleurs (je veux dire, si on fait abstraction de l'hypocrisie et des dysfonctionnements ambiants). Qu'il soit difficile de le prouver n'est qu'un détail technique, exécutoire, qui ne dispense pas des actes délictueux basés sur des principes dégradants d'être considérés comme bien plus graves qu'un délit "de droit commun" ou je-ne-sais-qu'elle-expression-juridique.
Évidemment, lorsque je parle des lois Gayssot-Moureaux et Cie, je parle de l'inefficacité ridicule des lois tendant à définir ce qu'on peut dire ou l'on ne peut pas dire, surtout lorsque c'est dicté par une instance étatique. En l'occurrence, je ne connais pas bien la loi Moureaux, mais en tout je ne vise pas la sanction des actes en tant que tels, mais les limitations à la liberté d'expression, pour autant que celle-ci n'incite pas directement à des actions répréhensibles sur base de principes élémentaires de justice.
En réalité, comme presque tous les débats sociétaux, le problème de fond est beaucoup plus profond que ce qu'on ne laisse poindre dans les médias, etc.
La question qui me paraît réellement pertinente, en ce qui concerne le racisme, est la suivante: plutôt que de délimiter un camp "d'extrême-droite" (qui aurait l'avantage certes commode pour les partis mainstream de considérer et montrer le problème du racisme comme étant localisable et contrôlable), qu'il faudrait juguler et réglementer, ne faut-il pas remettre en question (c'est un euphémisme) les attitudes et les discours de ces partis mainstream, et qui bien souvent, par leurs prémisses et leurs sous-entendus, s'engagent dans une optique raciste?
Les exemples foisonnent, qui vont de la manière dont on traite les sans-papiers à celle dont on (ne) règle (pas) la question des écoles défavorisées et des ghettos.
Ce soir encore, sur l'émission de la RTBF "Répondez à leurs questions", avec comme parti invité Ecolo, François de Brigode pose à Durand la question de savoir s'ils veulent "plus" d'immigration ou "mieux" d'immigration, se justifiant directement en disant "ce sont des questions qui inquiètent les gens, je ne fais que la transmettre". Montay renchérit quelques secondes plus tard en reprenant cette malheureuse expression de Rocard, "comment accueillir toute la misère du monde", etc.
C'est là qu'intervient ce que Jérôme Vidal appelle le "racisme de classe", qui, partant de réflexes limite dégradants, se permet en plus de rejetter la faute sur les "milieux populaires" qui s'inquiètent de ces questions, dont il faut alors, bien malgré nous, tenir compte.
Alors même que se pose sérieusement la question de la responsabilité des journalistes et autres intervenants de l'espace médiatique, dans l'établissemment d'une doxa aux sous-entendus pas très clean.
Autrement dit, toujours selon Jérôme Vidal (et j'extrapole un peu), c'est un peu le procédé de rejet sur les classes inférieures d'un racisme prenant ses sources dans la petite-bourgeoisie imbue de soi-même.