Le rôle de la musique populaire est de canaliser l'énergie de la jeunesse. Les hit-parades ont pour fonction principale d'instaurer, par un système de rétroaction, le bon goût. Les radios aident les "gros budgets" des majors à s'imposer, leur classement dans le hit, influençant directement les ventes. Les artistes arrivant à s'imposer commercialement sans ce système, sont immédiatement récupérés. Après la guerre des majors durant les années 70 (suite aux dérives de mai 68), contre les groupes hors-moules et les musiques improvisées, tel le free jazz, l'apparition de mtv au début des années 80 a contribué à accentuer ce phénomène de normalisation des moeurs. Donc, les artistes essayant de s'exprimer via ce média, se trompent lourdement de champ de bataille. Le rap, par exemple, exemple bien connu, à ses débuts, fin des années 70, avait pour volonté d'introduire une révolution dans les cités et les quartiers. Son côté "improvisation" a été étouffé. La transformation du mouvement hip-hop en musique de canalisation de la violence a été progressive. Aujourd'hui, le message s'est résumé à la quête du pouvoir et du sexe opposé à travers l'argent et la réussite. Un bel exemple de retournement de veste orchestré dans l'ombre par les majors. Cet exemple de plus dans les stratégies de censure de mtv, ne fait donc que confirmer sa fonction modératrice des courants idéologiques de la jeunesse.
Comparer la censure de mtv et la censure de candiulb, me fait donc un peu peur. Candiulb aurait-elle, à l'instar des chaînes internationales de musique, de façon inconsciente, une fonction d'étouffement de la jeunesse en quête de changement ?

Bien entendu que non. La fuite dans les mondes virtuels ne peut pas être une méthode de plus pour calmer l'hardeur des jeunes, je ne veux y croire