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BioShock
Article ajouté le mardi 17 juin 2008.

La période des batifolages à la plage est venue, mais voici néanmoins un article qui ravira les fans de jeux vidéos, et qui permettra aux novices de découvrir un excellent jeu.

Bien que sorti il y a quelques temps déjà (mais une version PS3 prévue pour octobre 2008), n’hésitez pas à vous replonger dans ce très bon jeu qu’est BioShock.

Un article qui s’écarte un peu des thèmes habituels de CandiULB, mais qui démontre une nouvelle fois tout le talent de Arthur « [MaSQuE] » Meurant ( www.Push-Start.be ). N’hésitez pas à réagir sur le forum !

Les hommes font des choix. Mais les choix... font l’Homme.

Editeur : 2KGames
Développeur : 2KBoston (autrefois, Irrational Games)
Classification PEGI : 18+
Type : System Shock II, euh excusez-moi, FPS
Nombre de joueurs : Un à la fois, mais des tas dans le monde.
Mode Online : Téléchargement de contenu.

Bienvenue à Rapture !

« Une cité où les artistes ne craindraient pas les foudres des censeurs. Où les scientifiques ne seraient pas inhibés par une éthique aussi artificielle que vaine. Où les Grands ne seraient plus humiliés par les Petits. Et à la sueur de votre front, cette cité peut aussi devenir la vôtre. »

Voici le texte qu’affiche le dépliant publicitaire descriptif rédigé par Andrew Ryan, l’architecte de Rapture une ville sous-marine utopique qui sera mon dernier cauchemar après avoir été mon rêve américain.
Liberté, liberté chérie, tu habites dans ces murs moites, dans ces lambris pourris et dans l’âme perdue de tes citoyens.
Ici, je suis libre des taxes honteuses votées par les parasites de Washington.
Ici, je suis protegé de l’utopie fiévreuse des mendiants de Moscou.
Ici, je vis. Mais pour combien de temps encore ?
Les splicers tiennent le haut de ce qu’il nous reste de pavés, aidés en cela par les plasmides qui leur octroient des pouvoirs presques divins et pourtant si enfantins. On les voit errer, figures tronquées et membres décharnés, junkie du gène, dangereux pour les autres comme pour eux-mêmes, toujours à la recherche de leur prochaîne dose d’EVE. Ils n’ont plus rien d’humain, à part la forme. Ce qu’ils ont perdu alimente leurs plaintes portées par les fantômes que la drogue leur ouvre.
De nuit, les Little Sisters sortent des murs suivies de leur Big Daddies scaphandriers muets destinés à protéger ces frêles formes qui récupèrent sur les cadavres ce qu’il reste d’utilisable. On nous avait bien dit que le futur serait recyclable, jamais je n’avais pensé devoir l’être aussi.
Nous les normaux, savons qu’il faudra basculer et utiliser l’ADAM pour réécrire notre code génétique, et devenir dépendants à l’EVE sa source d’énergie afin d’en tirer une puissance qui n’a d’égal que le prix payé pour l’utiliser : son humanité.
Telle est la loi de la Cité du Libre-Echange, Rapture ; marche ou crève, ça fait peu de différence.

Êtes-vous un Homme ? Ou un esclave ?

Un esclave obéit, un Homme crée. Telle est la doctrine de ce jeu par les créateurs des System Shock, titres fondateurs du genre FPS moderne dont les répercussions portent jusqu’à nous via Deus Ex et Half-Life 2.
Rapture, cette ville art-déco magnifique dévorée par les flots qui l’abritent est un havre de paix pour les anticonformistes de tout types. Artistes, lunatiques, business-men, tous y arrivent en pensant vivre comme des pachas, mais beaucoup finissent miteux dans des trous-à-rats.
Le scénario tissé est ici conventionnel par sa facture aux twists éventables dès la quatrième heure, mais surprend souvent par les thèmes qu’il aborde. On y parle d’objectivité, de paranoïa, de peur, d’eugénisme mais surtout de cette lancinante torpeur qu’apporte une liberté totale dont les débordements ne sont jamais sanctionnés. Qui s’étonnerait alors que chacun sombre peu-à-peu dans la folie de ses propres excès, comme ce chirurgien esthétique qui finit par laisser os et chairs à nu car ce sont là les formes les plus pures.

Mais je m’emballe, victime comme ces biochnoques de mes propres travers. Revenons à la source de tout ceci : vous. Vous êtes le ’’Jack Carver’’ local, votre nom importe peu, ce que vous ferez par contre est primordial. L’histoire débute dans un avion, une clope à la main. Quelques secondes et un mégot mouillé plus tard on est au milieu de l’océan à la recherche d’une chance de survie qui surgit ainsi sans sursis : on voit un phare, apogée de cette atlantide vidéoludique. Une fois entré on n’en sort plus intact. Et je vous laisse le soin de dévoiler le reste de l’intrigue.

Welcome to the Circus of Values

BioShock est une aventure linéaire, on s’aventure dans ses méandres, porté par le son des voix transmises par ondes radios, d’un point A à un point B et ainsi de suite pendant une douzaine d’heures. On glâne en chemin des bandes magnétiques qui détaillent les choix des habitants, des détails apparaissent et l’imagination fait le reste.
Ce libre-arbitre prôné par les développeurs est par-contre absent du game-design, on ne fait qu’obéir aux directives de personnages douteux aux motivations transparentes pour qui n’a qu’un demi-cerveau. Le seul dilemme posé est unique. A savoir tuer ou sauver ces pauvres Little Sisters, petites filles conditionnées à vivre comme des charognards pour récolter l’ADAM sur le corps des cadavres abandonnés au fur et à mesure que s’égrène la chaîne trophique de Rapture. Les deux options mènent à des fins différentes, la plus violente offre une puissance immédiate, la plus héroïque réserve les gros gains pour plus tard sous forme de récompense pour services rendus. Mais l’impact moral de sa décision sera révelé à la toute fin et si vous êtes encore humain, il se peut qu’une petite larme perle sur votre joue.
A vous de savoir si vous désirez qu’elle soit de honte, ou de joie. Vous savez, tout se paye un jour où l’autre.

Would you ?

Tout se paye, des munitions aux améliorations en passant par la santé ou aux inventions faites maison. Tout se limite ici à savoir gérer des stocks : dollars, ADAM, seringues d’EVE, kits médicaux, tubes en cuivre etc. On peut même déjouer les systèmes de sécurité placés par les autorités d’un seul coup de porte-feuille. Tourelles, cameras et drones sortis directos de City 17 deviennent alors des outils, on s’amuse à les détourner pour en faire son armée personnelle qui arretera net tout empêcheur de s’amuser en rond.
Et si jamais les fonds venaient à manquer, un coup de hacking bien ajusté ferait illico baisser les prix. D’ailleurs ici, tout se hacke via un mini-jeu à la Pipe-Dream (mhhh), vite répétitif et bientôt déjà insupportable. On peut se créer des outils afin de ne pas avoir à tester ses réflexes, déjà soumis à rude épreuve, dans ce mini-calvaire digne des meilleurs pièges électriques pour cobayes. Il est aussi possible de confectionner des munitions, des préservatifs de fortune, des décoctions diverses afin de s’aider à détruire ce monde. On peut par ailleurs dénicher de temps à autres des stations Power to the People qui s’occuperont de transformer vos pétoires rouillées en machines à tuer steampunk du plus bel effet.
D’autres bornes proposent de modifier son code génétique pour gagner des pouvoirs tantôt élémentaux (tout l’arsenal jedi, la pyrokinésie en plus), tantôt biologiques (guèpes tueuses dans les bras, phéromones défensifs) mais presque toujours déviants et efficaces. L’intégration de ces plasmides au monde est remarquable, un zap électrique se propage dans les flaques d’eau avec un effet dévastateur. Le feu se propage tant aux torches humaines qu’aux débris inflammables ou aux nappes de pétroles déposés dans le décor. On peut aussi augmenter des capacités passives tant défensives qu’offensives qui peuvent aussi aider à hacker et autres activités.

Vous le comprendrez, le concept le plus développé ici, n’est pas le libre-arbritre, mais le self-service. Mais comme les jeux-vidéos sont un médium où l’on est censé se faire plaisir dans les limites de règles imposées par leur créateur, on comprend cette démarche qui laisse au joueur une vraie liberté dans la manière dont il appréhende sa tâche. Se la jouer furtive est possible, devenir un dieu de la destruction à la peau dure comme la pierre l’est aussi.

Conclusion

Un titre superbe, mention spéciale pour l’aspect audio qui pourrait devenir un classique d’ambiance feutrée et anxiogène. Dont l’exemplaire qualité ressentie tant sur 360 que sur PC (ou la souris semble un brin molle) souffre d’un seul défaut : à part les graphismes tout ce qu’il fait, System Shock II le faisait déjà et avec brio. Parfois même mieux dira le connaisseur.
Et le plus tatillon des joueurs remarquera que BioShock n’est qu’une somme de tout ce qui marche dans le monde du PC, mais dans un monde plus classieux que celui des titres qu’il phagocyte.
Seul l’avenir nous dira si BioShock est un chef d’oeuvre et pas juste le FPS le plus profond de 2007. Mais la suite déjà en chantier aura fort à faire si elle veut dépasser son Big Daddy.
De plus, ce chef d’oeuvre de narration sera bientôt disponible dans une version spéciale à la PlayStation 3 vous n’aurez alors plus aucune excuse pour ne pas vous plonger dans l’aventure.

[Retrouvez l’auteur de ce texte, Arthur « [MaSQuE] » Meurant, sur www.Push-Start.be où il présente la seule émission de jeux-vidéos indépendante francophone disponible sur internet.]

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